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Quelqu'un qui aime les arbres et les trésors...

Le changement climatique et la position géostratégique des forêts congolaises

A Bali, la conférence des Nations unies axée sur ce phénomène a réaffirmé le poids de la RDC dans la définition d'une quelconque stratégie mondiale. De même, tout récemment à Londres, lors d'un forum sur la gestion des forêts congolaises, des experts tant nationaux qu'étrangers ont reconnu la place géo-stratégique de la RDC pour l'équilibre de la biodiversité planétaire. Malheureusement en RDC, le dynamisme tant attendu reste encore amorphe en raison d'une certaine tergiversation dans l'application des dispositions pertinentes du Code forestier de 2002.

Désormais, l'on ne peut plus parler changement climatique sans se référer aux immenses potentialités forestières de la République démocratique du Congo, deuxième bassin forestier après celui de l'Amazonie au Brésil.

Après Bali (Indonésie) en mi-décembre 2007, c'est à Londres, capitale d'Angleterre que se sont retrouvés des experts aussi bien congolais qu'étrangers pour discuter de nouveaux modèles de gestion et mécanismes de financement pour une meilleure préservation des forêts congolaises.

Même si aucune résolution n'est sortie de deux jours de discussion de Londres, soit les 17 et 18 décembre 2007, il faut reconnaître que les échanges ont démontré une fois encore combien le monde entier comptait sur les forêts congolaises pour résoudre le lancinant problème de changement climatique. Voilà du coup les forêts congolaises qui se retrouvent au centre des grands enjeux internationaux, que malheureusement l'on continue encore à ignorer sur place en RDC.

Les participants à la rencontre de Londres ont promis de se retrouver à Kinshasa au courant du premier trimestre de cette année pour dégager une stratégie définitive à mettre en oeuvre pour préserver les forêts congolaises, ce « patrimoine commun » de l'humanité.

A Bali, à l'occasion de la conférence des Nations unies sur le changement climatique, le président du Groupe de la Banque mondiale, Robert Zoellick, avait fait valoir que les mesures prises face au changement climatique peuvent appuyer le développement. Il avait en même temps pressé les pays d'intégrer la lutte contre le changement climatique dans leurs politiques de développement

L'ESSENTIEL DU FORUM DE BALI

De la conférence de Bali, l'on retiendra, comme l'a si bien rendu Robert Zoellick, que des délégués de différents pays ont unanimement reconnu que les mesures prises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre peuvent « à la fois protéger l'environnement mondial et permettre aux pays en développement d'assurer une croissance économique qui profite à leurs populations ».

Robert Zoellick a prononcé ces mots lors de la séance plénière qui a marqué l'ouverture de cette conférence qui avait réuni des leaders et des représentants de 190 pays en vue de la négociation d'un cadre pour faire face au changement climatique après 2012, c'est-à-dire après l'expiration de la première phase du Protocole de Kyoto. Le Protocole est un accord international pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le monde entier. Il est entré en vigueur en 2005.

La RDC était représentée à ces assises par son ministre de l'Environnement et Tourisme, José Endundo Bononge.

Aux délégués présents à Bali, le président du Groupe de la Banque mondiale a également dit que le changement climatique était « un défi qu'il fallait relever sur les plans du développement, de l'économie et de l'investissement. Il offre des opportunités de transformations économiques et sociales qui peuvent déboucher sur une mondialisation solidaire et durable. C'est pourquoi l'adoption de mesures pour faire face au changement climatique est un élément crucial du plan d'action pour le développement ».

M. Zoellick a ajouté que les habitants pauvres des pays en développement sont ceux qui sont « les plus exposés au changement climatique, les plus touchés par ce dernier et les moins en mesure d'y faire face ». Il a fait valoir que les débats tenus durant la conférence peuvent contribuer à « répondre aux espoirs et aux aspirations de ces communautés et les aider à gérer les changements intervenant dans les domaines de la santé, de la production alimentaire, des ressources en eau, de l'intégrité des écosystèmes côtiers et de la diversité biologique ».

M. Zoellick, qui a exposé une série de mesures adoptées par le Groupe de la Banque mondiale pour aider les pays en développement à atténuer l'impact du réchauffement de la planète ou à s'adapter à celui-ci, a noté que, de l'avis de l'institution, « le meilleur moyen d'appuyer le processus de négociation de l'ONU consistait, pour le Groupe de la Banque, à aider les pays en développement à intégrer les mesures à prendre pour faire face au changement climatique - aussi bien à des fins d'atténuation que d'adaptation - dans leurs propres stratégies de croissance, notamment leurs plans de développement énergétique et leurs programmes forestiers, agricoles et d'utilisation des terres ».

Au nombre des mesures présentées par M. Zoellick figure la création du Fonds de partenariat pour la réduction des émissions dues à la déforestation, inauguré mardi par la Banque mondiale en marge de la conférence de Bali. Lors de cette inauguration, à laquelle ont également participé des bailleurs de fonds, des pays qui pourraient éventuellement y participer et des organisations non gouvernementales, M. Zoellick a insisté sur l'objectif du fonds qui consiste à prévenir la déforestation (cause principale de l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre) en récompensant les pays en développement des réductions d'émissions de gaz carbonique permises par la protection de leurs forêts.

« Le Fonds de partenariat pour la réduction des émissions dues à la déforestation montre que le monde reconnaît la valeur globale des forêts et est prêt à payer en conséquence » a expliqué le président de la Banque mondiale. «Cela pourrait avoir un impact sur les options économiques de nombreux êtres humains qui tirent leur subsistance des forêts. Une valeur est donc maintenant attribuée à la protection, et non plus uniquement à l'exploitation, des forêts ».

ENCORE DES TERGIVERSATIONS EN RDC

Alors qu'ailleurs on se mobilise pour mobiliser des moyens les plus efficaces à mettre en oeuvre pour freiner l'élan dévastateur suscité par le réchauffement de la planète, en RDC, les débats restent encore moroses. Sans doute, les intérêts des décideurs politiques sont bien ailleurs. En février 2007, c'était le tour de Bruxelles de s'interroger sur l'avenir des forêts congolaises, pour être par la suite relayé en décembre de la même année par Londres. Une rencontre de même genre, touchant cette fois-ci au vaste domaine de l'environnement est projeté cette année à Paris. Pendant ce temps, à Kinshasa, l'on continue à somnoler, attendant bien sûr que la communauté internationale présente une solution clé en main pour une meilleure gestion de ses forêts. Il faut se réveiller et il n'est pas trop tard pour bien faire.

A Londres, les échanges aussi entre experts étrangers que congolais ont révélé que le chemin à parcourir pour parvenir à un modèle efficace de type gagnant-gagnant de gestion des forêts congolaises est encore long. Il exige une large mobilisation d'acteurs (gouvernement, bailleurs de fonds, société civile et communautés de base) aussi bien interne qu'externe pour espérer une solution durable au bénéfice de tous. Mais, tout dépend de l'attitude de Kinshasa qui doit se montrer réellement concerné par tout ce qui se discute ailleurs autour des forêts congolaises. Déjà, les tergiversations qui entourent depuis sa promulgation en 2002 l'application des dispositions du nouveau Code forestier congolais ne légitime pas un optimisme absolu autour de l'attitude positive de Kinshasa.

Comme évoqué bien avant à Bruxelles, et par la suite à Londres, c'est de Kinshasa que viendra le vrai dynamisme sur lequel devront se greffer d'autres initiatives internationales pour assurer une gestion harmonieuse et rationnelle des forêts de la RDC.

Parmi les menaces qui pèsent sur les forêts congolaises, les principales restent évidemment la pauvreté et l'instabilité politique. La dégradation des forêts liée à la pauvreté résulte de l'empiètement sur les zones forestières des cultures sur brûlis, la population rurale, de plus en plus nombreuse, n'ayant d'autre alternative pour subvenir à ses besoins que de pratiquer une agriculture extensive. En l'absence d'autres sources de protéines bon marché, la chasse traditionnelle au gibier de brousse constitue une autre menace. L'instabilité politique restreint encore davantage les possibilités de diversification et d'investissement dans une agriculture plus productive et respectueuse de l'environnement. Une autre menace différente, mais qui n'en est pas moins grave, est l'abattage anarchique du bétail par les milices.


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