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Quelqu'un qui aime les arbres et les trésors...

Promenons-nous dans les bois du futur

Scientifiques et hommes de terrain dessinent la forêt de demain. Certaines essences vont disparaître, d’autres prospérer. Qui seront les gagnants et les perdants? A quoi ressemblera la forêt à la fin de ce siècle? C’est à cette question que tout le gratin des meilleurs scientifiques suisses et près de 150 forestiers ont cherché à répondre lors d’un colloque à l’EPFL.

Le fil rouge, c’est le réchauffement. Un degré de température en plus, c’est un déplacement en latitude de 160 km (500 km en cas de hausse de 4 degrés). Dans le même temps, un degré, correspond à une variation en altitude de 160?mètres. Or pour la fin du siècle, les prévisions pour la Suisse devraient allégrement dépasser ce seuil de 4 degrés. On mesure donc l’importance des changements qui nous attendent. Notamment pour la forêt qui représente 25% de la surface terrestre. On en a déjà un avant-goût en Valais avec le dépérissement des pins sylvestres, à basse altitude, au profit du chêne.

Mais comme l’a précisé Niklaus Zimmermann de l’institut fédéral de recherches WSL (forêt, neige et paysage), «plus que la hausse des températures moyennes, ce sont les phénomènes extrêmes, qui vont avoir le plus d’importance». Ce qui va surtout modifier le visage des forêts, c’est la grande variabilité, d’une année sur l’autre, des températures, de la sécheresse mais également des tempêtes de type Lothar.

Le chêne plus résistant

Il y aura donc des gagnants et des perdants. Pour Thibault Lachat du WSL et Forum Biodiversité Suisse, parmi ceux qui s’en sortent bien «on peut citer le chêne qui supporte la chaleur et la sécheresse mais aussi le bostryche et les tiques. Et parmi les perdants, outre le pin sylvestre, le hêtre qui n’aime pas la sécheresse, le sapin sur le plateau et l’épicéa sur 40% du plateau». Dans le Jura, l’épicéa et le sapin blanc risquent de laisser une grande place au foyard. Mais ces «disparitions» vont permettre à de nouvelles d’espèces de type méditerranéen de s’acclimater. Toujours selon Thibault Lachat, «on ne connaît pas la vitesse de ces mutations. Et il ne faudra pas être xénophobe avec ces nouvelles espèces.» Finalement, on devrait assister à une homogénéisation de la biodiversité.

Face à ces changements, que faudra-t-il faire? Pour Martine Rebetez du WSL et initiatrice de cette rencontre: «On n’a pas le choix, il faut s’adapter.» Oui mais comment? Pour le professeur Bugmann, de l’EPFZ, «il faut oser l’expérimentation. Surtout, il faut que chacun, scientifiques comme hommes de terrain s’emparent de la question.» Une sorte de main tendue en direction des forestiers qui seront les architectes de la forêt des années 2100.


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