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Quelqu'un qui aime les arbres et les trésors...

Projets de dépollution de la Méditerranée

La Commission européenne a présenté jeudi des projets pour la dépollution de la Méditerranée, sans attendre que l'Union pour la Méditerranée chère à la France, qui entend justement faire de ce chantier une priorité, ne soit portée sur les fonts baptismaux.

Bruxelles et la Banque européenne d'investissement (BEI) ont publié une liste de 44 projets prioritaires dans sept pays du sud de la Méditerranée, qui permettraient d'éliminer 80% des sources de pollution d'ici 2020.

En 2005, pour le 10e anniversaire du processus de Barcelone lancé en 1995, visant à renforcer le partenariat entre l'UE et ses partenaires du pourtour méditerranéen, l'engagement avait été pris de lancer ce programme de dépollution.

"Nous avons essayé de dégager les projets qui seraient financés les premiers et qu'il faut accélérer", a expliqué jeudi Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la BEI en charge de la branche Méditerranée de la banque, la FEMIP (Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat).

Interrogé sur le télescopage entre cette annonce et le projet d'Union pour la Méditerranée de Nicolas Sarkozy, qui a justement mis en avant cette dépollution, M. Fontaine Vive a assuré que personne n'avait voulu "couper l'herbe sous le pied" du président français.

"Nous apportons du grain à moudre, on ne fauche pas l'herbe sous les pieds, on sème pour pouvoir récolter de l'herbe dans les années à venir", a-t-il dit.

"Plus il y a de projets pour la Méditerranée, mieux elle se portera", a également commenté une source diplomatique française, rejetant toute idée de "concurrence" entre Paris et Bruxelles.

"Ce n'est pas un concours de beauté (...) Le besoin financier pour dépolluer la Méditerranée est tellement grand que tout appui politique est bienvenu, et nécessaire", a renchéri Soledad Blanco, responsable aux services Environnement de la Commission européenne.

A ce stade, le coût global des 44 projets est en effet estimé à 2,1 milliards d'euros --un minimum, selon la BEI--, mais leur financement, qui pourrait venir de prêts de la FEMIP, de fonds de la Commission européenne ou d'autres donateurs, n'est pas établi.

Malgré tout, cette annonce de la Commission, à trois mois du sommet de Paris du 13 juillet qui lancera l'Union pour la Méditerranée, pourrait être interprétée comme une volonté de Bruxelles de ne pas céder du terrain aux Français.

"Dans le cadre du processus de Barcelone, la Commission a un rôle très important et elle veut le défendre", juge ainsi Rosa Balfour, analyste au European policy centre.

La commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner s'était d'ailleurs montrée très prudente après le lancement de cette idée par Nicolas Sarkozy en 2007, estimant que le projet serait bienvenu s'il apportait de la "valeur ajoutée".

La Commission s'est ensuite ralliée à un projet affublé du double nom "Processus de Barcelone: une Union pour la Méditerranée" et largement revu à la baisse par les 27 lors d'un sommet européen de mars dernier.

"Le partenariat euro-méditerranéen couvre un spectre de projets, de sujets et de thèmes tellement vaste qu'il n'y avait de toute façon pas beaucoup de place pour développer des idées alternatives", note Rosa Balfour.

Et selon elle, la Commission, rassurée par le fait que l'UE lui ait confié en mars l'élaboration pratique du projet, voit certainement maintenant cette Union très médiatisée comme une "opportunité" pour relancer un processus de Barcelone "qui n'a pas permis les progrès espérés". Que ce soit en matière d'environnement ou dans n'importe quel autre domaine.


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