BIOCARBURANTS : APPEL À UN MORATOIRE SUR LES MESURES EN FAVEUR DES BIOCARBURANTS
Une coalition de dix-huit ONG environnementales, représentées par Corporate Europe Advisory(1), appelle à un moratoire sur tous les objectifs et incitations en faveur des biocarburants, tant que leur impact social et environnemental n'aura pas été entièrement évalué.
Ces organisations font valoir leurs préoccupations dans une lettre adressée le 12 février aux ministres de l'Environnement de l'UE et au Comité des représentants permanents (Coreper), à la veille d'un débat sur la directive relative à la qualité des carburants qui devait avoir lieu au Coreper (voir Repère).
Dans cette lettre, elles demandent que la question de la « durabilité des biocarburants » soit abordée dans le cadre de la directive sur la qualité des carburants, plutôt que dans celui de la directive sur les énergies renouvelables (2), afin de ne pas prendre du retard sur le volet des énergies renouvelables non basées sur la biomasse.
Elles ajoutent que ce débat doit tenir compte des changements directs et indirects de l'utilisation des terres que généreront les biocarburants, des autres émissions indirectes (telles que les oxydes d'azote) qu'ils provoqueront, des questions sociales (droits de l'homme, droits du sol, souveraineté et sécurité alimentaire, droits sur l'eau, droits culturels, droit des peuples indigènes, droits du travail), ainsi que de leur impact sur l'environnement et la biodiversité. Un premier pas a été fait en ce sens par le PE qui a introduit le principe de durabilité dans la directive sur la qualité des carburants, disent les organisations, qui l'estiment cependant insuffisant.
S'agissant de la méthode de calcul des émissions de gaz à effet de serre (GES), la lettre souligne que l'apport des biocarburants à la lutte contre le changement climatique doit être réexaminé, en prenant en compte la nouvelle affectation des sols et les effets indirects. Les valeurs par défaut reprises dans le projet de directive sur les renouvelables sont basées sur des calculs du Centre Commun de Recherche (CCR) de l'UE, rappellent les ONG. Or le CCR a précisé que ces données ne tiennent pas compte des changements directs et indirects découlant de l'utilisation des terres. Ne pas prendre ces éléments en considération risque de mettre en péril toute la politique « climat » de l'UE, concluent-elles.
La proposition de directive sur les spécifications relatives à l'essence, au carburant diesel et aux gazoles, ainsi que l'introduction d'un mécanisme permettant de surveiller et de réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant des carburants utilisés dans le transport routier, a été présentée le 31 janvier 2007. Elle vise notamment à faciliter la réalisation des objectifs actuels et futurs de la Communauté en ce qui concerne les biocarburants.
(1) www.corporateeurope.org
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14 Mars 2008 à 08:59 dans
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