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Quelqu'un qui aime les arbres et les trésors...

Le stress gagne les forêts en Bretagne

Rien ne va plus à l'Office national des forêts. L'Union syndicale des personnels de cet établissement public industriel et commercial, réunie le 22 janvier, dans le nord de la France, en atteste. « Les problèmes de mépris, d'injustice, de perte de sens dans l'exercice de nos métiers reviennent sans cesse », témoigne Marc Pasqualini, secrétaire de l'intersyndicale Snuisep (Syn- dicat national unifié des personnels des forêts et de l'espace naturel) de Bre- tagne-Pays de la Loire. Qui l'eût cru ? « Le stress arrive même en forêt... » Les conséquences ap- pa- raissent désastreuses : sept suicides, depuis 2005, parmi les gardes forestiers, dont deux dernièrement, en Aqui- taine (sur 10 200 salariés), ont conduit les syndicats à demander une enquête. Celle-ci a été rendue au comité d'hygiène et de sécurité, la semaine dernière, mais son contenu reste confidentiel.

Ce qui n'a pas été le cas d'une précédente enquête sur le climat social, menée en 2005 : elle révélait que 85 % du personnel ressentaient « un malaise social ».

« L'économie devient reine, poursuit Marc Pasualini. On équilibre les comptes en vendant plus de bois. En 2006, on a coupé des arbres qu'on n'aurait pas dû abattre. » Pour 2008, « nous aurions dû, en principe, couper 100 000 mètres cubes de bois en Bretagne. En fait, on nous fixe un objectif de 120 000 mètres cubes ». Les syndicats se plaignent également d'effectifs en forte baisse : « En 20 ans, 5 600 emplois ont été détruits, soit plus de 35 % des effectifs. » Le directeur territorial de l'Office en Bretagne, Philippe Durand, veille sur 32 000 hectares de forêts avec 75 personnes (le reste des 300 000 hectares du massif forestier en Bretagne appartient au privé). Bien sûr, il ne partage pas ces vues : « Il n'y a pas eu de suicide en Bretagne, ni dans le Grand Ouest, tient-il à souligner. Mais nous devons produire des bois de qualité, suivant le guide de la sylviculture et suivant ce que demande le mar- ché. » Exemple : le hêtre. « Aujour- d'hui, les clients ne veulent pas du hêtre coloré. Or celui-ci se colore s'il est planté trop dense et s'il passe cent ans. Il faut donc éclaircir les forêts de hêtres et les couper plus tôt. » Autre exemple : le pin. « Il n'y a aucune plus-value à garder des pins de plus de 45 centimètres de diamètre. » Selon Philippe Durand, il y a des schémas différents par espèce, mais aussi par parcelle. D'autant plus qu'il faut « s'adapter aux changements climatiques ». Les forts coups de vent, de plus en plus fréquents, « nous obligent à éclaircir les forêts. »

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