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Quelqu'un qui aime les arbres et les trésors...

Le changement climatique favorise la propagation de maladies infectieuses

Le changement climatique favorise la propagation de maladies infectieuses qui pourraient faire des ravages parmi les animaux et les hommes, ont averti des experts de la Société pour la conservation de la faune sauvage, mardi à Barcelone.

"La plus grande menace du changement climatique est peut-être la propagation de maladies émergentes", a déclaré Steven Sanderson, président de cette ONG (Wildlife conservation society) basée à New York.

Une liste de 12 agents pathogènes - comme le virus Ebola ou le H5N1 de la grippe aviaire - a ainsi été établie dans un rapport de cette organisation présenté lors du congrès de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) sur la biodiversité.

Intitulé "La douzaine mortelle: les maladies de la faune sauvage à l'heure du changement climatique", ce rapport donne des exemples de maladies infectieuses qui pourraient exploser à la suite d'un changement de températures ou d'une augmentation des niveaux de précipitation.

Parmi les cas évoqués figurent la peste et le choléra, les parasites externes et intestinaux, la tuberculose et la fièvre jaune, la maladie du sommeil et la maladie de Lyme, transmise par un tique parasite qui suce le sang des mammifères ou encore les "marées rouges" dues à la prolifération d'une microalgue (Karenia brevis) produisant une neurotoxine.

"Toute perturbation dans l'environnement a des effets immédiats sur les animaux sauvages parce qu'ils ne peuvent pas s'adapter rapidement", a souligné à cette occasion le docteur William Karesh, qui a participé à l'étude.

Cette liste de 12 maladies est "juste un échantillon", a-t-il souligné, précisant qu'elles avaient été sélectionnées en raison de leur impact potentiel sur la santé humaine.


Manger moins de viande pour lutter contre le réchauffement climatique

Les gens devraient réduire leur consommation de viande afin de lutter à titre personnel contre le changement climatique, a déclaré l'Indien Rajendra Pachauri, président du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (Giec), cité dimanche 7 septembre par le journal britannique l'Observer.
 

"Au début, renoncez à manger de la viande un jour par semaine, et ensuite cessez graduellement votre consommation," conseille ce végétarien. Le changement de nourriture serait un pas important dans le combat contre le changement climatique car l'élevage de bétail contribue à produire l'effet de serre. "Ce que je veux souligner, c'est qu'on doit faire des réductions de notre consommation dans chaque secteur de l'économie", a-t-il ajouté.

LA VIANDE PLUS NOCIVE QUE L'AUTOMOBILE

Rajendra Pachauri a obtenu avec l'ancien vice-président américain Al Gore le Prix Nobel de la Paix en 2007 et se consacre depuis des décennies à la préservation de l'environnement. Il avait déjà tenu de tels propos dans un entretien accordé en juillet au Monde.

Selon des estimations de la FAO - Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture -, l'élevage représente à lui seul près d'un cinquième des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit une contribution au réchauffement climatique plus élevée que celle des transports. Or la consommation de viande devrait, selon les dernières projections, doubler d'ici  2050.

 

Le changement climatique pourrait faire des millions de morts d'ici 20 ans

"Hippocrate disait déjà que pour étudier la médecine, il fallait étudier le climat." La directrice du département Santé publique et Environnement à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Maria Neira est catégorique : "Le changement climatique aura des effets directs et indirects sur la santé des gens. Directs avec des désastres, des inondations, des sécheresses, mais aussi indirects avec les maladies." Ainsi, selon des experts réunis à Libreville au Gabon pour une conférence interministérielle sur la santé et l'environnement en Afrique, le changement climatique pourrait provoquer la mort de millions de personnes d'ici vingt ans en raison de ses effets sur la malnutrition et les maladies.

"Entre le milieu des années 1970 et les années 2000, le changement climatique a été responsable d'environ 150.000 morts supplémentaires par an. Il touche de manière écrasante les populations les plus pauvres. Selon nos estimations, les chiffres devraient croître, et encore nous ne prenons en compte qu'une partie des causes (de morts dues au changement climatique). Ce n'est que la partie immergée de l'iceberg", affirme pour sa part le chercheur Diarmid Campbell-Lendrum, spécialiste du sujet à l'OMS.

Fléaux

Le paludisme, qui fait environ un million de morts par an et touche plusieurs millions de personnes, devrait progresser. "Nous avons déjà un gros problème de paludisme, et le changement climatique va le rendre encore plus difficile. La température influe sur la survie des moustiques et sur les parasites (qui transmettent le paludisme) à l'intérieur des moustiques. En gros, plus il fait chaud et plus le taux d'infection est haut", explique le Dr. Campbell-Lendrum. Avec l'augmentation des températures et la fréquence accrue des inondations, le paludisme apparaît déjà dans des régions ou à des altitudes où des cas n'avaient pas été signalés jusqu'à présent.

Autre source d'inquiétude, les maladies diarrhéiques. Là encore, la température joue un rôle crucial. "Dans de nombreux cas, la bactérie qui infecte l'eau ou la nourriture survit mieux à une température plus élevée. Mais l'augmentation du nombre d'inondations et surtout de sécheresses va contaminer les sources d'eau. Par exemple, en période de sécheresse, les gens stockent de l'eau pendant plus longtemps ou se lavent moins les mains", explique le chercheur.

"Un de nos plus gros soucis est la sous-nutrition. C'est le principal facteur de mauvaise santé et elle tue 3,5 millions de personnes par an. [Avec le changement climatique], la production alimentaire devrait augmenter légèrement dans les pays riches mais devrait baisser autour de l'Équateur. Ceux qui en ont le plus besoin en auront moins", souligne le Dr Campbell-Lendrum.

" Les pays riches doivent faire le premier pas"

Toutefois, comme le souligne Banon Siaka, un ingénieur du Burkina Faso : "On est d'accord sur le constat mais il y a un défi : comment se développer et moins polluer ? C'est difficile." "Les pays africains sont ceux qui ont le moins contribué au changement climatique et ce sont eux qui en souffrent le plus", fait remarquer le Dr Neira. Quant au Dr Campbell-Lendrum, il met en avant la responsabilité des pays les plus riches : "Nous ne voulons en aucun cas compromettre la lutte contre la pauvreté dans les pays les plus pauvres. Les pays riches, qui ont contribué à la plus grande partie du problème, doivent faire le premier pas."

Et de poursuivre : "Des exemples de développement durable peuvent permettre à la fois de réduire les émissions de gaz à effet de serre et améliorer la santé." "Ce n'est pas un choix entre développer et ne pas développer mais comment développer ", assure-t-il.

Programme de restauration de la mangrove en Indonésie

La mangrove

Le taux de destruction des mangroves est encore plus élevé que celui des forêts tropicales. Ces écosystèmes, qui se développent dans les zones côtières des régions tropicales, ont en effet longtemps été négligés par les gouvernements ; considérées comme des terres inutiles, les mangroves n’ont, jusqu’à la dernière décennie, fait l’objet d’aucune forme de protection particulière. Pourtant, ces écosystèmes jouent un rôle de tampons en protégeant le littoral contre l’érosion, les tempêtes, les vagues et bien sûr les tsunamis.

Naturellement résistantes, les mangroves font pourtant aujourd’hui partie des habitats les plus menacés du monde. Leur disparition est essentiellement due à des facteurs anthropiques : pollution marine, aménagement du littoral, aquaculture non-durable, industries du bois et du charbon entre autres. Cet ensemble de menaces impacte tout particulièrement les mangroves d’Indonésie où le taux de déforestation est très élevé. Et pourtant les mangroves d’Asie du Sud-est sont celles qui comptent la plus grande diversité d’espèces.

Localisation

Le projet concerne le district de Deli Serdang, localisé dans la province Nord-Sumatra, au nord-est de l’île de Sumatra, en Indonésie.

Carte de l'Indonésie et situation de la province Nord-Sumatra

La République d’Indonésie est née en 1945 avec l’indépendance des Indes néerlandaises. C’est le plus grand archipel du monde, situé entre la péninsule d’Asie du Sud-Est et l’Australie d’une part, les océans Indien et Pacifique d’autre part. La population de l’Indonésie est de 220 millions d’habitants, plaçant cet Etat au quatrième rang mondial.

Sumatra se trouve sur un arc volcanique – l’arc interne de la Sonde – et compte un massif montagneux, les Monts Barisan, dont le point culminant, le Mont Kerinci (3 805m) est situé sur la côte ouest de l’île. Le district de Deli Serdang fait partie des plaines côtières de l’est de l’île. Situées sur le prolongement du socle secondaire de la péninsule malaise et de Bornéo, ces plaines « amphibies » sont ouvertes sur la mer de Java et le détroit de Malacca.

Le stockage de carbone

Par la photosynthèse l’arbre construit sa propre matière organique en captant le dioxyde de carbone. Cette matière organique ou biomasse est constitué, pour moitié, de carbone.

Profitant de conditions hydrique et nutritionnelle optimales, les espèces végétales concernées par notre programme de reforestation ont des forts taux de croissance ainsi que des densités élevées, le stockage de carbone est alors important (exemple le taux de croissance est de 16m3/ha/an pour Rhizophora Apiculata (réf.Unasylva n°139, FAO)).

Le développement socio économique

Plusieurs développements économiques sont considérés : Tout d’abord, l’activité halieutique se verra croître du fait de la restauration des sites naturels d’alevinages et leur qualité physico chimique, promouvant ainsi une pêche plus respectueuse de l’environnement. En complément de cette activité et dans un souci de diversification, l’apiculture se développera ainsi que la production artisanale de pâtes de fruits.

Le « Corridor Carbone »

Le gouvernement indonésien soutient planète Urgence pour étendre la reforestation plus au nord de la province, englobant ainsi le district de Deli Serdang et celui voisin de Langkat. D’ors et déjà, 1300 ha pourront être réhabilités à Sicanggang dans le district de Langkat.

Cette extension rend possible la constitution d’un couloir éco-écologique et de séquestration de carbone entre le district de Deli Serdang et Tibang, via Sigli et Lhokseumawe, et pourrait ainsi constituer le « Corridor Indonésien du Carbone ». une extension de programme qui fera passer le foncier en zone protégé et renforçant ainis la lutte contre la déforestation.

Choix méthodologique et Certification

Le programme de restauration de la mangrove est construit sur les standards de l’Alliance Climat Communauté et Biodiversité (CCB Alliance : http://www.climate-standards.org ). La validation du potentiel de séquestration de carbone sera effectué par un organisme indépendant en vue de l'obtention de la certification CCB (Climate, Community & Biodiversity) en 2009

L’Indonésie a ratifié le protocole de Kyoto en 2004, protocole dans lequel l’United Nations Framework Convention on Climate Change (UNFCCC : http://unfccc.int/portal_francophone/items/3072.php) a défini le Mécanisme de Développement Propre (MDP). Le programme de reforestation de Planète Urgence en Indonésie respecte les critères d’éligibilité du MDP onusien, dans lequel il s’inscrira après la certification CCB en 2009.

Les marécages, menacés, pourraient massivement libérer du CO2

Les terres humides de la planète, menacées par le développement et l'assèchement des sols, pourraient si elles étaient détruites libérer dans l'atmosphère une "bombe de carbone", ont prévenu dimanche des spécialistes de l'environnement.

Ces terrains renferment 771 milliards de tonnes de gaz à effet de serre, soit approximativement autant que ce que contient déjà l'atmosphère, ont estimé des chercheurs avant une conférence internationale sur les terres humides et le réchauffement climatique.

Paulo Teixeira, coordinateur du programme environnemental de la région de Pantanal, au Brésil, a mis en garde contre les conséquences dramatiques qu'aurait la diffusion de tout ce carbone dans l'atmosphère.

"On pourrait qualifier cela de bombe de carbone. C'est une situation dangereuse", a déclaré Teixeira, joint au téléphone par Reuters à Cuiaba, Brésil, où se déroule la conférence.

Quelque 700 chercheurs venus de 28 pays se réunissent cette semaine pour la réunion de l'Intecol (Association internationale de l'écologie), afin d'évoquer les méthodes de conservation de ces terrains.

OBSTACLES À LA CIVILISATION

Les terres humides ne se limitent pas aux marécages, mais incluent aussi les marais, les tourbières, les deltas, les mangroves, la toundra, les lagons et les plaines inondables bordant les rivières.

Ces territoires représentent 6% des terres émergées de la planète et contiennent 20% du carbone. De plus, ils produisent 25% des ressources alimentaires mondiales, purifient les ressources en eau et renouvellent les nappes souterraines.

Ils ont toutefois été considérés historiquement comme des obstacles à la civilisation, et 60% d'entre eux ont été asséchés au cours du XXe siècle.

"Autrefois, trop souvent, les gens ont sans penser à mal considéré les terres humides comme des problèmes à résoudre, et pourtant elles sont essentielles à la santé de la planète", a souligné Konrad Osterwalder, sous-secrétaire général de l'Onu et recteur de l'université des Nations unies.

De plus, la fonte du permafrost dans les régions arctiques et la libération de dioxyde de carbone qui en résulte pourraient devenir dans les vingt ans à venir un phénomène "impossible à arrêter", prévient de son côté Eugene Turner, de l'université de Louisiane.

Selon Teixeira, les terres humides souffrent d'un problème d'image auprès du grand public, plus volontiers enclin à militer pour la protection des forêts tropicales que celle des marécages.

 


Le tourisme durable, défi numéro un de l'industrie du voyage

Avec 1,6 milliard de touristes prévus en 2020, la première industrie de la planète commence à se préoccuper de son impact sur la nature et les cultures locales: le concept d'un tourisme durable, respectueux de la nature et des hommes, fait timidement son chemin.

Parcourir la forêt tropicale du Costa Rica, séjourner dans des cases en pleine brousse au Sénégal, partager la vie des moines dans un temple bouddhiste en Chine ... de plus de plus de touristes cherchent l'immersion totale, loin des foules.

Les géants de l'industrie touristique mondiale ont commencé à exploiter le filon du tourisme durable qui n'est plus l'apanage de militants "écolos" ou tiers-mondistes, et multiplient les campagnes de marketing "vertes".

"A présent, il y a 80% de communication et 20% de réalité dans ces discours, le but c'est d'inverser ces proportions dans dix ans", commente Jean Viard, sociologue spécialisé dans le tourisme.

Quant aux voyageurs, le tourisme durable "reste marginal, cela concerne environ 2% d'entre eux, mais il y a une forte progression", constate Pascal Aguillon, fondateur de l'Association française d'écotourisme.

"Au début, c'est un marché de niche comme dans l'automobile où la Toyota hybride est à la mode chez les bobos. Mais les élites favorisent l'émergence d'un marché qui sera ensuite petit à petit démocratisé", juge M. Viard.

Le secteur risque de "scier la branche sur laquelle il est assis" s'il ne limite pas les effets dévastateurs des voyages de masse sur la planète, ont prévenu les experts de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT).

"Le tourisme est la fois victime et responsable du réchauffement climatique, il contribue pour près de 5% à l'émission des gaz à effet de serre", estime son président, Francesco Frangialli.

Les neiges du Kilimandjaro auront fondu au plus tard en 2020 et des îles des Maldives seront englouties par les flots: le changement climatique menace directement le fonds de commerce du tourisme.

La croissance vertigineuse du secteur, qui ne comptait que 25 millions de touristes internationaux en 1950, pourrait conduire à une augmentation de 150% de ses émissions de gaz à effet de serre dans les 30 prochaines années, selon l'OMT.

A l'ère de l'explosion des compagnies low cost, près de la moitié des 898 millions de touristes qui ont sillonné la planète en 2007 ont opté pour l'avion, responsable de 40% des émissions de CO2 engendrées par le tourisme.

Précurseur de la démocratisation des voyages en France, Nouvelles Frontières redoute qu'"avec l'envolée des prix du pétrole, prendre l'avion redevienne un luxe", selon son PDG Jean-Marc Siano.

Epuisement des ressources naturelles, travail des enfants, prostitution, abandon des cultures traditionnelles: la démocratisation des voyages dans les pays du Nord a fait des ravages dans les pays du Sud.

Pour éviter une surfréquentation des sites touristiques, certains pays contingentent l'accès des visiteurs, comme le Pérou pour le chemin des incas menant à Machu Picchu.

Faudra-t-il pour autant renoncer à voyager? "Le tourisme durable, ce n'est pas la réduction des voyages, qui serait une immense régression, mais c'est voyager autrement, à un rythme différent", estime Jean Viard.

Et le tourisme a aussi des retombées bénéfiques: il donne un coup de pouce aux économies locales en créant des emplois et est souvent principale source de devises des pays en développement.

Toutefois, la manne touristique n'est pas redistribuée de manière équitable: selon les estimations des ONG, seulement un tiers des recettes annuelles (800 milliards de dollars) profite aux pays visités.


800 000 ans d’histoire de l’effet de serre

Une étude réalisée par des chercheurs du CNRS sur une carotte de glace forée en Antarctique a permis de reconstituer l’évolution des teneurs atmosphériques en CO2 et en méthane sur les 800 000 dernières années.

La carotte glaciaire a été extraite à Dôme C dans le cadre du forage EPICA jusqu’à 3270 mètres de profondeur, une première !
Une étude réalisée par des chercheurs du CNRS sur une carotte de glace forée en Antarctique a permis de reconstituer l’évolution des teneurs atmosphériques en CO2 et en méthane sur les 800 000 dernières années. Les résultats obtenus permettent de mieux comprendre les cycles climatiques naturels, et mettent en évidence le danger que représentent pour l’avenir climatique de la Terre les émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines.


Des chercheurs du CNRS viennent de publier dans la revue Nature les résultats de l’étude d’une carotte de glace prélevée en 2004 dans le cadre du projet européen de forage des glaces en Antarctique EPICA. Il s’agit du carottage le plus profond jamais réalisé. En effet, les scientifiques ont réussi, après dix ans de travaux, à extraire de la glace datant de 800 000 ans à 3270 mètres sous la surface, près de la base franco-italienne Concordia. L’analyse des bulles d’air piégées par le gel a permis de retracer les teneurs en dioxyde de carbone et en méthane de l’atmosphère sur huit cycles climatiques glaciaire-interglaciaires. Ces deux gaz, principaux responsables de l’effet de serre après la vapeur d’eau, sont intimement liés à l’évolution du climat. Sans eux, la température moyenne à la surface de la terre serait de l’ordre de -18 °c. Ils sont témoins des périodes passées de réchauffement climatique sur Terre, et leur étude permet de mieux comprendre, voire de modéliser l’avenir du climat.

Les chercheurs du CNRS espèrent pouvoir un jour atteindre des glaces datant de plus d’un million d’années pour continuer à « aller plus loin dans la connaissance des variations du climat ».

Des cycles de plusieurs centaines de milliers d’années

Ce pas en avant dans la connaissance du passé climatique de la terre a permis de mettre en évidence des cycles plus larges de variations des teneurs moyennes de l’atmosphère en CO2, sur plusieurs centaines de milliers d’années. « Nous avons découvert qu’avant - 400 000 ans, les périodes interglaciaires étaient plus chaudes qu’aujourd’hui, si la cyclicité perdure, l’amplitude des variations diminue » explique Dominique Raynaud, directeur de recherche au CNRS rattaché au laboratoire de glaciologie et de géophysique environnementale de l’université Joseph Fourier de Grenoble. Selon les chercheurs, ce phénomène pourrait être dû à l’intensité de l’érosion continentale, fluctuant sur de longues périodes avec des effets avérés sur le cycle du carbone. Les variations de quantités de méthane atmosphérique seraient quant à elles en lien direct avec l’intensité des moussons. Les mesures du méthane montrent également des changements plus rapides, à l’échelle millénaire, au début de chaque glaciation. « Au Groenland, nous avons observé des variations de l’ordre de 15 degré en quelques dizaines d’années ». Ces évolutions rapides peuvent êtres expliquées par des bouleversements du courant thermohalin, qui assure une redistribution de la chaleur sur Terre en transportant des masses d’eau chaude.

L’impact des activités humaines sur le climat, une menace ?

L’étude révèle l’ampleur de l’impact des activités humaines sur l’augmentation des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre, à fortiori sur le climat. Les mesures actuelles mettent en évidence les teneurs les plus les plus fortes jamais enregistrées avec 380 ppmv(1) pour le CO2 et 1 800 ppbv(2) pour le CH4 contre respectivement 300ppmv et 800ppbv pour les maximales connues. « En temps normal, les variations des teneurs atmosphériques en gaz à effet de serre sont dues à des causes naturelles, dont l’insolation de la Terre, qui influe notamment sur la rétention de CO2 par l’océan », explique Dominique Raynaud. Aujourd’hui s’ajoute à ces variations naturelles la production de gaz à effet de serre par les activités humaines. Un apport non négligeable pour le chercheur :

« actuellement les pronostics annoncent un réchauffement global de 1 à 6 °C dû à l’activité humaine, nous avons fait à l’échelle du siècle ce que la nature a fait en 10 000 ans ».

Selon lui cette évolution présente un « risque important » de bouleversement des cycles climatiques, évoqué avec prudence du fait des incertitudes scientifiques et de l’incertitude concernant l’évolution des comportements humains.

 

 


Les plantes poussent de plus en plus haut pour échapper à la chaleur

 

 

Le réchauffement climatique a entraîné la migration de nombreuses espèces végétales vers des altitudes plus élevées depuis ces dernières décennies, selon une étude conduite par une équipe internationale, publiée jeudi aux Etats-Unis.
 

Comparant la distribution de 171 plantes forestières à des altitudes variant de celle du niveau de la mer à 2.600 mètres entre 1905 et 1985, puis de 1986 à 2005, ces chercheurs ont déterminé que ces végétaux avaient grimpé de 29 mètres en moyenne par décennie.

Ces observations montrent que les changements climatiques n'affectent pas seulement la distribution en longitude et en latitude des espèces végétales mais également en altitude.

Ceci suggère aussi que la plupart des espèces de plantes occupant la même zone et partageant les mêmes caractéristiques physiologiques ont tendance à migrer, expliquent les auteurs de ces travaux parus dans la revue américaine Science datée de vendredi.

Le changement est plus marqué pour les végétaux dont l'habitat se situe dans les régions montagneuses ainsi que pour les herbes caractérisées par un renouvellement plus rapide, souligne l'étude.

Ces tendances confirment la théorie selon laquelle les espèces végétales d'altitude sont plus sensibles au changement climatique, souligne Jonathan Lenoir de l'AgroParisTech, à Nancy (est de la France), principal auteur de cette étude.

Le réchauffement du climat a provoqué une réponse biologique et écologique des animaux et des plantes à la surface de toute la planète, comme le montre l'évolution de la distribution et de la densité des espèces, mais aussi dans les profondeurs marines, relèvent ces chercheurs.

Les scientifiques notent également que le changement climatique en France où une grande partie de l'étude a été menée, a été caractérisé par des hausses annuelles moyennes de température d'une ampleur beaucoup plus grande (+ 0,9 degré Celsius) que dans le reste du monde (+ 0,6 degré).

Dans les régions alpines, la hausse de la température moyenne approche même + 1 degré, depuis le début des années 1980, ce qui explique le recul des glaciers.



«Les migrants environnementaux n'existent pas»

Avec le changement climatique, des millions de personnes devront migrer. Problème: elles n'ont encore aucun statut en droit international, constate Etienne Piguet. Pour le géographe suisse, les pays industrialisés devront prendre leurs responsabilités.

Professeur de géographie des mobilités à l'Université de Neuchâtel, Etienne Piguet a fait paraître un article dans le numéro de mai de la revue française Futuribles.

 swissinfo: Vous proposez la notion de «mouvements de personnes induits par l'environnement» plutôt que de réfugiés climatiques. Pourquoi?Etienne Piguet: Le problème du terme «réfugié» est qu'il fait référence à la Convention de 1951 de l'ONU. Or, cette convention, justement, n'inclut pas les réfugiés de l'environnement.Utiliser tel quel le terme de «réfugié» donne aussi l'impression qu'une nouvelle catégorie de requérants d'asile est en passe d'arriver dans les pays du Nord. Ce qui peut avoir un effet pervers: celui d'inciter à élever encore les barrières pour se protéger de ces personnes, au lieu de les assister.

Face aux récupérations politiques, éviter le terme de «réfugiés» doit permettre de faciliter la discussion et de mieux cerner l'ampleur et les besoins de protection à offrir à ces personnes.

 swissinfo: Quelle est la dimension actuelle de ces migrations induites par l'environnement et à quoi faut-il s'attendre?E.P.: Le problème touche déjà des populations relativement restreintes dans les îles du Pacifique ou en Alaska par exemple.Les pronostics dans ce domaine sont assez délicats. On peut relever trois aspects principaux du changement climatique: l'accroissement des ouragans et autres phénomènes extrêmes, l'accroissement des sécheresses et, enfin, l'élévation du niveau des mers.Les deux premières évolutions sont très difficiles à lier aux migrations. On ne sait pas du tout où les catastrophes vont avoir lieu.Pour l'élévation du niveau des mers par contre, les pronostics sont relativement précis. On sait où sont localisés les gens habitant à moins d'un mètre au-dessus du niveau des mers. 150 millions de personnes sont concernées dans le monde. A l'échéance de quelques siècles, selon les pronostics des climatologues, il est clair que ces personnes sont directement menacées.swissinfo: Et où en est-on aujourd'hui du régime de protection internationale de ces personnes?E.P.: On peut difficilement affirmer que toutes les personnes menacées sont des migrants en puissance. Car il est possible de construire des digues, de nourrir les plages, de lutter contre l'érosion côtière, etc. Mais ces adaptations sont très coûteuses. Il faudra donc des bailleurs de fonds.L'alternative pour ces personnes sera de partir. Or, la situation est très incertaine au niveau de la protection internationale. La Convention de 51 ne s'applique pas car elle implique l'idée de persécution et de risque individuel – face au changement climatique, les menaces sont collectives.De plus, les déplacements induits par le climat se font souvent à l'intérieur des Etats. La convention ne protège que les personnes franchissant une frontière.Pour ces trois raisons, il faut réfléchir à d'autres modes de protection. Il n'existe aujourd'hui que des esquisses de solutions. Les nouveaux statuts de protection provisoire, octroyés dans de nombreux pays, sont une première piste. Ils permettraient de faire face à des afflux ponctuels.Pour la première fois en Suisse, dans le débat récent sur la révision de la loi sur l'asile, le gouvernement a justement évoqué les personnes fuyant les catastrophes environnementales comme pouvant éventuellement bénéficier de ce statut de protection provisoire. Mais pour le moment, la protection n'a encore jamais été octroyée à ce titre.L'autre voie de protection est évidemment l'accroissement de la protection sur place, dans les pays touchés. Mais cela demande une clarification des responsabilités.En clair, pour l'instant, le droit international humanitaire comme le droit international des réfugiés ne prévoit pas explicitement le cas des migrants climatiques. Aucun automatisme ni aucune possibilité n'existe pour eux de se réclamer d'un droit quelconque.Appliquer à ces personnes des protections internationales exige de remonter aux critères les plus basiques du droit à la vie, qui justifient ensuite les interventions humanitaires.swissinfo: Peut-on imaginer que la Suisse se profile sur ce dossier à l'échelon international?E.P.: Ce serait une belle occasion. Le terrain est relativement vierge et ce thème émerge véritablement. La présence à Genève du Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) et la tradition de la Suisse font penser qu'elle pourrait tout à fait se profiler.swissinfo: Mais y a-t-il une vraie urgence à traiter cette question?E.P.: Il faut nuancer. Il y a urgence à traiter du problème pour être prêts, sachant que les échéances catastrophiques elles-mêmes ne sont pas pour tout de suite, pour la plupart.On pourrait voir une augmentation des problèmes environnementaux à l'horizon d'un demi-siècle ou d'un siècle. Ce n'est pas pour demain matin. Aucune raison de paniquer. Il y a parfois de l'exagération dans la peur des migrants environnementaux.swissinfo: Le président ougandais a estimé que le changement climatique d'origine anthropique est «un acte d'agression» des pays riches à l'encontre des pays pauvres. Comment recevez-vous cette déclaration, en tant que chercheur?E.P.: La tournure est probablement excessive. Pour qu'il y ait agression, il faut une intentionnalité, qui n'existe pas ici. Par contre, la question de la responsabilité se pose. Certains pays ont contribué de manière déterminante au changement climatique. Un jour ou l'autre, ils devront en assumer les conséquences.

L'échec du sommet de Rome de la FAO

Le monde entier a discuté pendant trois jours à Rome, mais a finalement laissé 950 millions d'humains sur leur faim.

Alors que le sommet mondial des Nations unies sur la crise alimentaire s'achève à Rome, aucun consensus ne semble émerger à propos des mesures à prendre pour compenser l'effet de la flambée des prix du maïs, du riz et du blé, dont personne n'avait prévu la pénurie.

Ce fut l'occasion de beaux discours, très inspirés. Le secrétaire des Nations unies a tiré la sonnette d'alarme, même si cela n'était plus vraiment nécessaire après les émeutes de la faim qui ont éclaté dans de nombreux pays d'Asie et d'Afrique au cours des trois derniers mois. Les dirigeants de 44 nations ont exprimé leurs graves préoccupations. Des doigts accusateurs ont été pointés. Seule absente de ce sommet de la FAO : une réponse concrète et immédiate à donner à cette crise mondiale.

Pas un mot sur le paysan kényan – déjà durement frappé par la misère et dans l'impossibilité de s'offrir trois repas par jour – pour expliquer comment il va survivre dans les cinq prochains mois, sachant que la pluie manque depuis deux ans et que le peu de réserves qu'il a pu constituer a été réduit en cendres par la médiocrité politique, l'avarice et le chauvinisme ethnique (de ses dirigeants). Imaginez la même situation dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne et de plusieurs régions d'Asie, et vous comprendrez l'urgence de la situation.

Une chose est sûre : les récoltes et les réserves de nourriture se sont raréfiées dans le monde entier, provoquant l'actuelle flambée des prix. On estime que 100 millions de personnes pourraient venir s'ajouter aux 850 millions qui souffrent déjà de la faim.

Il ne suffit pas de pointer un doigt accusateur sur les Etats-Unis et le Brésil, qui utilisent leurs récoltes pour produire des agrocarburants. Il ne suffit pas non plus de faire de belles déclarations d'intention sur les moyens d'augmenter la production dans les économies agricoles pauvres. Il est temps pour la communauté internationale de prendre des mesures immédiates afin de donner à manger à ceux qui meurent de faim.

Les débats sur les entorses au libre-échange que constituent les barrières douanières ou les subventions des pays riches pour protéger leurs agriculteurs doivent être remis à plus tard. Le plus urgent est de répondre à cette question : que compte faire le monde pour que près de 1 milliard d'humains obtiennent l'aide dont ils ont besoin pour survivre?