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Quelqu'un qui aime les arbres et les trésors...

Les remèdes traditionnels menacés par la vente sur internet

Quand le marché mondial s'enflamme pour les vertus thérapeutiques d'une plante de l'Himalaya, moins de trois à quatre ans peuvent suffire pour qu'elle disparaisse de la surface de la Terre.

"Pour certaines d'entre elles, le temps qu'on mette les mesures de contrôle en place il sera trop tard", prévient Jacques Fleurentin, ethnopharmacologue français, évoquant le cas de ces plantes utilisées de longue date au Tibet et en Chine, comme Cordyceps sinensis ou Rhodolia crenulata, que la commercialisation sur internet épuise à grande vitesse.

Déjà le ginseng sauvage, dont la Chine fait un usage intensif, ou l'arnica qui guérit les plaies et les bosses, ont pratiquement disparu à l'état sauvage et ont dû être mis en culture.

Mais c'est plus largement la cas de toutes les plantes aux vertus stimulantes: "Dès que les entreprises chinoises ou américaines les commercialisent et qu'elles sont vendues sur internet, on paye des récolteurs pour aller les chercher en grande quantité", a-t-il indiqué lors d'Entretiens de la biodiversité qui viennent de se tenir dans l'est de la France.

Le prix de Cordyceps sinensis, champignon tibétain traditionnellement utilisé contre la toux et les difficultés respiratoires des vieillards, a été multiplié par 2000 en Chine depuis 1975, pour atteindre 4.000 euros les 500 grammes en 2005.

Tapez "Cordyceps sinensis": Google affiche 128.000 réponses qui renvoient pour la plupart à des sites de vente en ligne vantant ses vertus sur les reins, les poumons et les lombalgies...

Le succès de Rhodolia crenulata contre les maladies liées au froid (14.500 entrées sur Google) est tout aussi préoccupant.

"Les quantités concernées sont absolument inconnues", relève le Dr Fleurentin. Quant aux flux financiers générés par ce commerce, ils font actuellement l'objet de recherches universitaires, dit-il. Mais selon une étude publiée dans le Bulletin de la Société française d'Ethnopharmacologie, qu'il préside, "le nombre d'intermédiaires financiers pour la commercialisation du Cordyceps peut aller jusqu'à sept".

Depuis 40 ans, ce pharmacien piqué de botanique mène des enquêtes de terrain sur les pentes du Tibet et dans les vallées du Yémen, pour connaître, partager et protéger la diversité des pharmacopées traditionnelles.

"Dans les pays du Sud, 80% de la population se soigne par les plantes faute de choix. Mais il y a un risque réel d'appauvrissement de la biodiversité quand la mondialisation s'en empare", note-t-il. Seules 20% des plantes médicales utilisées dans l'Union européenne sont d'origine européenne.

"Il y a vraiment urgence à recenser et estimer la rareté; comprendre comment ça marche et tester l'efficacité (prouvée trois fois sur quatre, insiste-t-il); conserver in et ex situ et apprendre comment cultiver ces plantes médicinales pour produire des médicaments bon marché".

Le ginseng est désormais produit à grande échelle en Asie et en Amérique du nord. "Les plantes cultivées n'ont pas nécesairement les mêmes vertus que les sauvages: à l'industriel de vérifier les conditions de cultures, d'altitude, de terrain..."

La nécessité, insiste-t-il encore, est de passer de la tradition orale à l'écrit, de laisser une trace afin d'empêcher les entrepreneurs du Nord de breveter ces usages traditionnels.

Avec l'Institut européen d'Ecologie (IEE), il a monté un réseau en Afrique pour mener ce recensement, que d'autres et notamment des ONG conduisent sur d'autres continents. "L'objectif est d'arrêter une stratégie unique, respectant les savoirs et les droits de propriété, en s'appuyant sur les ethnologues. Nous voulons arriver à une liste de 400 à 500 plantes".


«Les migrants environnementaux n'existent pas»

Avec le changement climatique, des millions de personnes devront migrer. Problème: elles n'ont encore aucun statut en droit international, constate Etienne Piguet. Pour le géographe suisse, les pays industrialisés devront prendre leurs responsabilités.

Professeur de géographie des mobilités à l'Université de Neuchâtel, Etienne Piguet a fait paraître un article dans le numéro de mai de la revue française Futuribles.

 swissinfo: Vous proposez la notion de «mouvements de personnes induits par l'environnement» plutôt que de réfugiés climatiques. Pourquoi?Etienne Piguet: Le problème du terme «réfugié» est qu'il fait référence à la Convention de 1951 de l'ONU. Or, cette convention, justement, n'inclut pas les réfugiés de l'environnement.Utiliser tel quel le terme de «réfugié» donne aussi l'impression qu'une nouvelle catégorie de requérants d'asile est en passe d'arriver dans les pays du Nord. Ce qui peut avoir un effet pervers: celui d'inciter à élever encore les barrières pour se protéger de ces personnes, au lieu de les assister.

Face aux récupérations politiques, éviter le terme de «réfugiés» doit permettre de faciliter la discussion et de mieux cerner l'ampleur et les besoins de protection à offrir à ces personnes.

 swissinfo: Quelle est la dimension actuelle de ces migrations induites par l'environnement et à quoi faut-il s'attendre?E.P.: Le problème touche déjà des populations relativement restreintes dans les îles du Pacifique ou en Alaska par exemple.Les pronostics dans ce domaine sont assez délicats. On peut relever trois aspects principaux du changement climatique: l'accroissement des ouragans et autres phénomènes extrêmes, l'accroissement des sécheresses et, enfin, l'élévation du niveau des mers.Les deux premières évolutions sont très difficiles à lier aux migrations. On ne sait pas du tout où les catastrophes vont avoir lieu.Pour l'élévation du niveau des mers par contre, les pronostics sont relativement précis. On sait où sont localisés les gens habitant à moins d'un mètre au-dessus du niveau des mers. 150 millions de personnes sont concernées dans le monde. A l'échéance de quelques siècles, selon les pronostics des climatologues, il est clair que ces personnes sont directement menacées.swissinfo: Et où en est-on aujourd'hui du régime de protection internationale de ces personnes?E.P.: On peut difficilement affirmer que toutes les personnes menacées sont des migrants en puissance. Car il est possible de construire des digues, de nourrir les plages, de lutter contre l'érosion côtière, etc. Mais ces adaptations sont très coûteuses. Il faudra donc des bailleurs de fonds.L'alternative pour ces personnes sera de partir. Or, la situation est très incertaine au niveau de la protection internationale. La Convention de 51 ne s'applique pas car elle implique l'idée de persécution et de risque individuel – face au changement climatique, les menaces sont collectives.De plus, les déplacements induits par le climat se font souvent à l'intérieur des Etats. La convention ne protège que les personnes franchissant une frontière.Pour ces trois raisons, il faut réfléchir à d'autres modes de protection. Il n'existe aujourd'hui que des esquisses de solutions. Les nouveaux statuts de protection provisoire, octroyés dans de nombreux pays, sont une première piste. Ils permettraient de faire face à des afflux ponctuels.Pour la première fois en Suisse, dans le débat récent sur la révision de la loi sur l'asile, le gouvernement a justement évoqué les personnes fuyant les catastrophes environnementales comme pouvant éventuellement bénéficier de ce statut de protection provisoire. Mais pour le moment, la protection n'a encore jamais été octroyée à ce titre.L'autre voie de protection est évidemment l'accroissement de la protection sur place, dans les pays touchés. Mais cela demande une clarification des responsabilités.En clair, pour l'instant, le droit international humanitaire comme le droit international des réfugiés ne prévoit pas explicitement le cas des migrants climatiques. Aucun automatisme ni aucune possibilité n'existe pour eux de se réclamer d'un droit quelconque.Appliquer à ces personnes des protections internationales exige de remonter aux critères les plus basiques du droit à la vie, qui justifient ensuite les interventions humanitaires.swissinfo: Peut-on imaginer que la Suisse se profile sur ce dossier à l'échelon international?E.P.: Ce serait une belle occasion. Le terrain est relativement vierge et ce thème émerge véritablement. La présence à Genève du Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) et la tradition de la Suisse font penser qu'elle pourrait tout à fait se profiler.swissinfo: Mais y a-t-il une vraie urgence à traiter cette question?E.P.: Il faut nuancer. Il y a urgence à traiter du problème pour être prêts, sachant que les échéances catastrophiques elles-mêmes ne sont pas pour tout de suite, pour la plupart.On pourrait voir une augmentation des problèmes environnementaux à l'horizon d'un demi-siècle ou d'un siècle. Ce n'est pas pour demain matin. Aucune raison de paniquer. Il y a parfois de l'exagération dans la peur des migrants environnementaux.swissinfo: Le président ougandais a estimé que le changement climatique d'origine anthropique est «un acte d'agression» des pays riches à l'encontre des pays pauvres. Comment recevez-vous cette déclaration, en tant que chercheur?E.P.: La tournure est probablement excessive. Pour qu'il y ait agression, il faut une intentionnalité, qui n'existe pas ici. Par contre, la question de la responsabilité se pose. Certains pays ont contribué de manière déterminante au changement climatique. Un jour ou l'autre, ils devront en assumer les conséquences.

Amusant...

I

Can't eat Beef, Mad cow....


Can't eat chicken,
Bird flu



Can't eat eggs,
Salmonella



Can't eat pork, Trichinosis...



Can't eat fish, Metals in the waters has poisoned their meat


Can't eat fruits and veggies,

Insecticides
and herbicides




Hmmmmmmmmm!!!!!!!!!!!!!

M
M
M
M
M
M

M
M
M
M
M


I believe that leaves Chocolate!!!!!!!!


Remember - - -

'STRESSED'
Spelled backwards!
Is
' DESSERTS
'


Send this to four people
And you will lose 2 pounds




(If you delete this message, you will gain
10 pounds immediately.)


That's why I had to pass this on

I just couldn't risk it.


L'échec du sommet de Rome de la FAO

Le monde entier a discuté pendant trois jours à Rome, mais a finalement laissé 950 millions d'humains sur leur faim.

Alors que le sommet mondial des Nations unies sur la crise alimentaire s'achève à Rome, aucun consensus ne semble émerger à propos des mesures à prendre pour compenser l'effet de la flambée des prix du maïs, du riz et du blé, dont personne n'avait prévu la pénurie.

Ce fut l'occasion de beaux discours, très inspirés. Le secrétaire des Nations unies a tiré la sonnette d'alarme, même si cela n'était plus vraiment nécessaire après les émeutes de la faim qui ont éclaté dans de nombreux pays d'Asie et d'Afrique au cours des trois derniers mois. Les dirigeants de 44 nations ont exprimé leurs graves préoccupations. Des doigts accusateurs ont été pointés. Seule absente de ce sommet de la FAO : une réponse concrète et immédiate à donner à cette crise mondiale.

Pas un mot sur le paysan kényan – déjà durement frappé par la misère et dans l'impossibilité de s'offrir trois repas par jour – pour expliquer comment il va survivre dans les cinq prochains mois, sachant que la pluie manque depuis deux ans et que le peu de réserves qu'il a pu constituer a été réduit en cendres par la médiocrité politique, l'avarice et le chauvinisme ethnique (de ses dirigeants). Imaginez la même situation dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne et de plusieurs régions d'Asie, et vous comprendrez l'urgence de la situation.

Une chose est sûre : les récoltes et les réserves de nourriture se sont raréfiées dans le monde entier, provoquant l'actuelle flambée des prix. On estime que 100 millions de personnes pourraient venir s'ajouter aux 850 millions qui souffrent déjà de la faim.

Il ne suffit pas de pointer un doigt accusateur sur les Etats-Unis et le Brésil, qui utilisent leurs récoltes pour produire des agrocarburants. Il ne suffit pas non plus de faire de belles déclarations d'intention sur les moyens d'augmenter la production dans les économies agricoles pauvres. Il est temps pour la communauté internationale de prendre des mesures immédiates afin de donner à manger à ceux qui meurent de faim.

Les débats sur les entorses au libre-échange que constituent les barrières douanières ou les subventions des pays riches pour protéger leurs agriculteurs doivent être remis à plus tard. Le plus urgent est de répondre à cette question : que compte faire le monde pour que près de 1 milliard d'humains obtiennent l'aide dont ils ont besoin pour survivre?


Une petite bête porte-bonheur...

 

http://lumerphoto.romandie.com/


Sommet de la FAO: la production alimentaire doit croître de 50%, les biocarburants épinglés

La controverse sur les biocarburants et les subventions agricoles a dominé mardi l'ouverture du sommet de la FAO à Rome, où le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a rappelé que la production alimentaire devait augmenter de 50% pour faire face aux besoins d'ici à 2030.

La flambée des cours des denrées alimentaires touche de plein fouet les pays les plus pauvres et a provoqué des émeutes en Afrique, dans les Caraïbes et en Asie.

Le directeur général de la FAO Jacques Diouf a rappelé que lors de la conférence sur la crise alimentaire réunie en 1996 à la FAO, 112 chefs d'Etat et de gouvernement avaient pris l'engagement "solennel" de réduire de moitié, à l'horizon 2015, le nombre de personnes qui ont faim dans le monde.

"Avec les tendances observées (actuellement), cet objectif serait atteint en 2150 au lieu de 2015", a-t-il averti mardi.

Dans son discours d'ouverture, M. Ban a appelé à "un plus grand degré de consensus international sur les biocarburants", qui sont soupçonnés d'aggraver la flambée des prix des denrées alimentaires, devant la cinquantaine de chefs d'Etat et de gouvernement réunis à Rome pour trois jours.

Le président brésilien Luiz Ignacio Lula da Silva, dont le pays est le deuxième producteur d'éthanol après les Etats-Unis, a rétorqué que les biocarburants "n'étaient pas des bandits".

Ils peuvent "au contraire devenir un outil important pour sortir les pays de l'insécurité alimentaire", a-t-il plaidé.

Le secrétaire américain à l'Agriculture, Ed Schafer, a aussi estimé que les biocarburants n'avaient pas un "impact important sur les prix" alimentaires.

Dans son discours, M. Ban a par ailleurs souhaité que soient abandonnées "les politiques économiques qui créent des distorsions de marché" et sont soupçonnées d'aggraver la crise, plaidant en faveur d'un accord dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Intervenant dans la soirée, le directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, a reconnu qu'il fallait "s'attaquer au problème des subventions qui créent des distorsions" des marchés et donnent un "avantage injuste" à certains pays.

M. Ban a aussi lancé un appel à l'arrêt des restrictions aux exportations alimentaires.

"Certains pays ont limité leurs exportations ou ont imposé des mesures de contrôle des prix. Ces politiques qui nuisent aux pays voisins ne peuvent pas fonctionner. Elles ne font que créer des distorsions de marché et contribuent à faire encore grimper les prix", a-t-il expliqué.

Profitant de cette rare tribune en Occident offerte par la FAO, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s'est livré à une attaque contre l'ONU, appelant à régler la crise alimentaire en dehors de cette instance.

"Comment les mécanismes de l'ONU peuvent-ils améliorer la situation alors que certaines puissances imposent leurs décisions au Conseil de sécurité et l'instrumentalisent ?", a-t-il lancé.

Lors d'une conférence de presse, il a prédit une nouvelle fois la disparition d'Israël, "que nous soyons impliqués ou non", accusant les Etats-Unis de n'avoir apporté au Moyen-Orient que "menaces, pressions et coercition".

Autre présence très contestée au sommet, celle du président du Zimbabwe Robert Mugabe qui a été vivement critiquée par plusieurs pays, en particulier la Grande-Bretagne, l'Australie, l'Allemagne et les Etats-Unis.

M. Mugabe a accusé Londres d'encourager les efforts des Occidentaux pour parvenir à "un changement illégal" du régime dans son pays, en l'affaiblissant économiquement.

"Sous la mauvaise gestion du président Mugabe, le Zimbabwe, qui était un exportateur de produits alimentaires, en est devenu un importateur net", a rétorqué depuis Washington le département d'Etat.

Robert Mugabe, interdit de séjour dans l'Union européenne (UE), a pu accéder au territoire italien grâce à une dérogation.

Le président sénégalais Abdoulaye Wade a répété ses critiques contre la FAO, qui selon lui assiste les pays en développement comme "des mendiants", et a déclaré être "déçu" par l'agence de l'ONU.


Fin de la conférence sur la biodiversité: des participants font état de progrès

La conférence de l'ONU sur la biodiversité s'est achevée le 30 mai 2008 à Bonn sur une note positive, des participants estimant que des progrès ont été accomplis en vue de protéger la diversité biologique de la Terre de la croissance démographique, de la pollution et du réchauffement climatique.

Les quelque 5.000 délégués de 191 pays qui ont assisté à la conférence de deux semaines dans l'ancienne capitale allemande ont abordé des questions comme la "bio-piraterie", les manipulations génétiques et les agrocarburants. Les délégués ont également réaffirmé un engagement à ralentir de manière drastique les disparitions d'espèces d'ici 2010.

Le ministre allemand de l'Environnement Sigmar Gabriel a déclaré vendredi qu'il ne pensait pas que des "progrès réels" seraient réalisés "sur autant de points".

Les délégués ont convenu de lutter contre la bio-piraterie -la manipulation illégale de matériel génétique- avec une série de réglementations qui doivent être rédigées dans les deux prochaines années. La conférence a également estimé que les manipulations génétiques pour produire de nouvelles variétés d'arbre ne devraient être autorisées qu'après une évaluation des risques pour chaque programme de recherche.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) salue des "progrès" sur certains points, a souligné Gordon Shepherd, un responsable de l'ONG. Mais l'organisation de défense de l'environnement déplore aussi le fait que les participants ont échoué à adopter des objectifs et calendriers clairs sur des questions comme la perte de la biodiversité dans les forêts tropicales.

Plusieurs gouvernements ont promis des fonds pour protéger les forêts. La Norvège compte dépenser 600 millions d'euros par an pour leur préservation au cours des trois prochaines années. La chancelière allemande Angela Merkel avait annoncé mercredi que son pays dépenserait 500 millions d'euros au cours des quatre prochaines années pour la même cause, et 500 millions d'euros supplémentaires par an par la suite.

Un thème de discussion majeur de la conférence a porté sur les vertus écologiques très contestées des agrocarburants, également appelés biocarburants, et la pression que leur production à grande échelle pourrait exercer sur les récoltes et les forêts.

Les délégués se sont mis d'accord pour adopter une position plus tranchée sur les biocarburants lors de la prochaine conférence sur la biodiversité prévue pour 2010 à Nagoya, au Japon.

Les accords conclus cette semaine ont été officiellement baptisés le "Mandat de Bonn" et seront ajoutés à la Convention sur la diversité biologique de l'ONU.


Splendeur

 

Orchidée anatolienne


UE: la présidence française veut militer en faveur des forêts tropicales

La France, qui s'apprête à prendre la présidence de l'Union Européenne, entend placer parmi ses priorités la préservation des forêts tropicales, gardiennes du climat et de la biodiversité dans le monde.

Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a porté ce message auprès de ses interlocuteurs lors d'une tournée de trois jours qui l'a conduit en République démocratique du Congo (RDC) et au Congo Brazzaville.

Les forêts du bassin du Congo sont considérées comme le deuxième "poumon vert" du monde après celle de l'Amazonie.

La France et la RDC se sont engagés à oeuvrer ensemble pour la préservation de la forêt congolaise, dans une déclaration commune que Jean-Louis Borloo a signé avec son homologue congolais José Endundo lors de la visite samedi d'une exploitation forestière de la société libano-congolaise ITB, à Bikoro (500 km au nord de Kinshasa).

La déforestation dans le monde est responsable de 20 à 25% des émissions de dioxyde de carbone (CO2), soit davantage que toutes les industries de transport.

"L'Europe s'honorerait de mener le combat" contre la déforestation, a indiqué le ministre aux journalistes qui l'accompagnaient au Congo. Il a évoqué la nécessité de renforcer la "traçabilité" du bois vendu sur les marchés internationaux et d'imposer des codes de bonne conduite environnementale et sociale aux exploitants forestiers. "On va aller par étapes vers une interdiction totale du bois non certifié en Europe", a-t-il averti.

Le label FSC (Forest Stewardship Council) est considéré comme la référence en matière d'exploitation durable des forêts. Au Congo, seule la Congolaise industrielle des bois (CIB), qui exploite 1,2 millions d'hectares de forêts dans le nord du pays, a décroché ce label.

Le ministre plaide également en faveur de la mise en place de mécanismes internationaux pour fournir une compensation aux pays qui protégeraient leurs forêts au détriment de leurs impératifs économiques.

La "déforestation évitée" a été au centre des discussions de la conférence des Nations-Unies sur le climat de Bali en décembre dernier.

A Bonn, où se tient jusqu'au 30 mai la conférence de l'Onu sur la biodiversité, Greenpeace a proposé la création d'un fonds mondial qui serait abondé par les pays riches afin de protéger les forêts tropicales, patrimoine mondial de l'humanité.

Reprenant l'idée, José Endundo, ministre de l'environnement de RDC, estime que la forêt congolaise vaut "au moins 3 milliards de dollars par an" alors que le secteur ne rapporte que 49 millions de dollars par an actuellement.

Mais il n'est pas question de mettre sous cloche les forêts du Congo: "ce serait utopique de croire qu'on va mettre une croix sur l'exploitation forestière" qui représente actuellement quelque 15 à 20.000 emplois en RDC, fait remarquer José Ilonga Lofonga, conseiller forêts du ministère congolais de l'environnement.

90% de la dégradation de la forêt congolaise est due à l'utilisation de bois de chauffe, pour les besoins de la population, 9% à l'agriculture et 1% seulement à l'exploitation forestière commerciale, rappellent les experts.

Et de citer en exemple le site d'agroforesterie de Mampu, situé à 150 km au nord de Kinshasa: cette plantation sur 8.000 hectares d'acacias alternée avec des champs de maïs et de manioc permet de produire chaque année suffisamment de charbon de bois, par le brûlage de l'acacia, pour couvrir 10% des besoins annuels en bois de chauffe des 8 millions d'habitants de Kinshasa.


La "crise du riz", grave mais peut-être une chance pour l'Afrique à moyen terme

A la veille de la Conférence internationale de Tokyo pour le développement en Afrique (TICAD), alors que le Japon ne sait que faire de son riz, des experts réunis au Bénin viennent de mettre en garde contre la dépendance de l'Afrique, une crise qui pourrait pourtant s'avérer bénéfique à moyen terme.

Même si les nouvelles variétés de riz adaptées aux sols africains ont permis en 2007 une augmentation de la production continentale de 6%, "on est loin de satisfaire la demande", estime le Centre Africain pour le riz (ADRAO, WARDA en anglais), basé à Cotonou, dans un document que s'est procuré l'AFP.

Ces gains de production, grâce notamment au Nerica (New Rice for Africa), une variété obtenue par l'ADRAO grâce à un croisement entre le riz africain et le riz asiatique, ont été effacés rapidement par une augmentation rapide de la consommation de riz de l'Afrique "qui importe 40%" de ses besoins, souligne le rapport.

Prenant le cas plus spécifique de l'Afrique de l'ouest, la grande région rizicole du continent, l'ADRAO indique qu'entre 2001 et 2005 la production a augmenté de 5,1% par an, tandis que dans le même temps la consommation s'est accrue de 6,5% chaque année.

Lors de la réunion TICAD IV à Yokohama, les participants vont notamment évaluer les résultats du Nerica, un projet vieux de plusieurs années financé par la Banque Africaine de Développement, le gouvernement japonais et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

"Dépendre autant du riz importé constitue la recette du désastre pour ce continent", déclare le patron de l'ADRAO Papa Abdoulaye Seck. "Si les gouvernements ne prennent pas immédiatement des mesures fortes, alors le démarrage économique que l'on connait actuellement dans de nombreuses parties de l'Afrique va s'évaporer. Nous avons besoin de solutions à court et long terme pour dynamiser la production locale de riz", dit-il encore.

Lancée en 2005 et prévue sur 5 ans, l'"Initiative Riz" de l'ADRAO dispose d'un budget de 35 millions de dollars.

L'ADRAO s'attendait "depuis au moins deux ans" à une crise du riz en Afrique en 2008 car, si l'Afrique représente "10 à 13 % de la population mondiale, elle absorbe 32% des importations mondiales et connaît un taux de croissance de sa consommation d'environ 4,5% par an", déclarait M. Seck en avril.

Pour faire face, l'ADRAO préconise notamment d'"augmenter significativement la part de la riziculture irriguée à haut rendement dans la production": moins de 10% actuellement contre plus de 50% en Asie.

Le centre suggère aussi de "promouvoir l'utilisation des variétés telles les dizaines de types de Nerica adaptés aux différents sols et qui ont "une valeur en protéine plus élevée de 25% par rapport au riz importé".

L'ADRAO préconise également un meilleur accès aux semences, la modernisation des techniques de culture, de diminuer les pertes à la récolte et post-récolte (entre 15 et 50% de la valeur marchande de la production).

Bref, l'ADRAO estime que paradoxalement la crise du riz pourrait à terme être une chance pour l'Afrique, lui donner un coup de fouet. "Nous avons en Afrique, au Sud du Sahara, 130 millions d'hectares de bas fonds dont 3,9 millions seulement sont en culture. Par contre en Asie, le pari n'est pas d'augmenter les superficies rizicoles mais plutôt de les maintenir", explique le centre.

"Pour éviter d'être otage des cours mondiaux, il n'y a pas de secret, on construit une agriculture compétitive et durable grâce à une combinaison intelligente de trois facteurs: technologies performantes, infrastructure de base et environnement assaini. Oui c'est possible d'inverser les tendances mais à moyen terme", conclut M. Seck.