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Quelqu'un qui aime les arbres et les trésors...

Les arbres les plus vieux du monde

Des scientifiques ont découvert un bosquet d'épicéas, dans les montagnes de l'ouest de la Suède qui, âgés de 8.000, seraient les arbres vivants les plus vieux au monde.

Ces épicéas de Norvège ont été retrouvés en altitude sur un versant de montagne où ils sont restés à l'abri de dangers comme l'abattage, mais où ils ont été exposés aux conditions météorologiques rigoureuses de la chaîne de montagnes séparant la Norvège et la Suède.

La datation au carbone de ces arbres, effectuée dans un laboratoire de Miami en Floride, a montré qu'ils dataient de 8.000 ans, ce qui en fait les arbres vivants les plus anciens au monde, a déclaré un professeur de l'université d'Umea, Leif Kullman.

L'arbre baptisé Mathusalem, un pin de Bristlecone (Pinus longaeva) situé dans les White Mountains en Californie, est souvent cité comme l'arbre vivant le plus âgé au monde. Son âge est évalué entre 4.500 et 5.000 ans.

Deux autres épicéas, également découverts dans le cadre d'études menées sur les changements climatiques dans le comté suédois de Dalarna, sont âgés de 4.800 à 5.500 ans.

"Ce sont les premiers arbres qui ont poussé après l'ère glaciaire", a expliqué Lars Hedlund, chargé des études sur l'environnement dans le comté de Dalarna.


Projets de dépollution de la Méditerranée

La Commission européenne a présenté jeudi des projets pour la dépollution de la Méditerranée, sans attendre que l'Union pour la Méditerranée chère à la France, qui entend justement faire de ce chantier une priorité, ne soit portée sur les fonts baptismaux.

Bruxelles et la Banque européenne d'investissement (BEI) ont publié une liste de 44 projets prioritaires dans sept pays du sud de la Méditerranée, qui permettraient d'éliminer 80% des sources de pollution d'ici 2020.

En 2005, pour le 10e anniversaire du processus de Barcelone lancé en 1995, visant à renforcer le partenariat entre l'UE et ses partenaires du pourtour méditerranéen, l'engagement avait été pris de lancer ce programme de dépollution.

"Nous avons essayé de dégager les projets qui seraient financés les premiers et qu'il faut accélérer", a expliqué jeudi Philippe de Fontaine Vive, vice-président de la BEI en charge de la branche Méditerranée de la banque, la FEMIP (Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et de partenariat).

Interrogé sur le télescopage entre cette annonce et le projet d'Union pour la Méditerranée de Nicolas Sarkozy, qui a justement mis en avant cette dépollution, M. Fontaine Vive a assuré que personne n'avait voulu "couper l'herbe sous le pied" du président français.

"Nous apportons du grain à moudre, on ne fauche pas l'herbe sous les pieds, on sème pour pouvoir récolter de l'herbe dans les années à venir", a-t-il dit.

"Plus il y a de projets pour la Méditerranée, mieux elle se portera", a également commenté une source diplomatique française, rejetant toute idée de "concurrence" entre Paris et Bruxelles.

"Ce n'est pas un concours de beauté (...) Le besoin financier pour dépolluer la Méditerranée est tellement grand que tout appui politique est bienvenu, et nécessaire", a renchéri Soledad Blanco, responsable aux services Environnement de la Commission européenne.

A ce stade, le coût global des 44 projets est en effet estimé à 2,1 milliards d'euros --un minimum, selon la BEI--, mais leur financement, qui pourrait venir de prêts de la FEMIP, de fonds de la Commission européenne ou d'autres donateurs, n'est pas établi.

Malgré tout, cette annonce de la Commission, à trois mois du sommet de Paris du 13 juillet qui lancera l'Union pour la Méditerranée, pourrait être interprétée comme une volonté de Bruxelles de ne pas céder du terrain aux Français.

"Dans le cadre du processus de Barcelone, la Commission a un rôle très important et elle veut le défendre", juge ainsi Rosa Balfour, analyste au European policy centre.

La commissaire aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner s'était d'ailleurs montrée très prudente après le lancement de cette idée par Nicolas Sarkozy en 2007, estimant que le projet serait bienvenu s'il apportait de la "valeur ajoutée".

La Commission s'est ensuite ralliée à un projet affublé du double nom "Processus de Barcelone: une Union pour la Méditerranée" et largement revu à la baisse par les 27 lors d'un sommet européen de mars dernier.

"Le partenariat euro-méditerranéen couvre un spectre de projets, de sujets et de thèmes tellement vaste qu'il n'y avait de toute façon pas beaucoup de place pour développer des idées alternatives", note Rosa Balfour.

Et selon elle, la Commission, rassurée par le fait que l'UE lui ait confié en mars l'élaboration pratique du projet, voit certainement maintenant cette Union très médiatisée comme une "opportunité" pour relancer un processus de Barcelone "qui n'a pas permis les progrès espérés". Que ce soit en matière d'environnement ou dans n'importe quel autre domaine.


Pollution: la grogne monte en Europe face au refus de payer de l'industrie

Le refus des grands groupes industriels européens de payer pour la pollution et leurs menaces de délocalisations en vue de pousser les dirigeants de l'UE à renoncer à une telle mesure suscite des irritations grandissantes.

Le patron de Shell France, Christian Balme, l'a constaté cette semaine à Bruxelles au Parlement européen lorsqu'il a évoqué un arrêt des investissements du géant pétrolier en Europe si les permis d'émission de CO2 dans l'UE deviennent payant, comme le prévoit un plan d'action européen contre le réchauffement climatique.

"Si les quotas sont mis en enchères, cela va coûter très très cher. Pour le groupe Shell, cela représentera l'équivalent de ses profits en Europe. C'est impossible. Alors il n'y aura plus d'investissements de Shell en Europe", a-t-il averti lors d'un débat.

Les pays de l'Union européenne se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz a effet de serre, dont le CO2, de 20% d'ici à 2020.

Pour y parvenir, la Commission européenne a présenté en janvier un plan d'action visant en particulier à faire payer à partir de 2013 les droits d'émissions accordés aujourd'hui gratuitement à quelque 12.000 entreprises européennes. La mesure pourrait rapporter 40 milliards d'euros par an.

Les dirigeants européens, sous pression des industries énergivores pour assouplir le dispositif, entendent trouver un accord fin 2008.

"Le changement climatique est une réalité et il nous faut d'urgence mettre en oeuvre des dispositifs pour le freiner", a rappelé l'eurodéputée socialiste française Catherine Guy-Quint aux représentants des groupes Lafarge (ciment), Bayer (Chimie), Shell (pétrochimie) venus participer à ce débat.

Le cimentier Lafarge a menacé de geler près d'un milliard d'euros d'investissements prévus en Europe pour obtenir l'abandon du projet de mise aux enchère des droits de polluer.

Le plan européen sur le climat "a un coût pour l'Europe, il faudra trouver chaque année ente 70 et 160 milliards d'euros pour assumer toutes nos responsabilités", et le système d'enchères permettrait de débloquer des fonds, a-t-elle souligné.

Elle fait valoir que "le budget de l'Union européenne est bloqué à 130-140 milliards d'euros par an jusqu'en 2013", qui donne peu de marge de manoeuvres.

A ses yeux, les délocalisations des industriels constituent un "chantage" et seraient contre-productives en terme de coûts.

"Le pétrole coûte très cher et je ne vois pas quand, ni comment la hausse sera freinée. Les coûts des transports vont augmenter à court terme, ce qui signifie que ramener la production de Chine ou d'ailleurs va signifier perdre de la rentabilité", dit-elle.

Ce sentiment est partagé par les ONG. "Il ne faut pas se moquer du monde. Ces méga-groupes engrangent des superprofits alors qu'ils sont les principaux pollueurs de la planète", soutient Sebastien Godinot de l'Organisation les Amis de la Terre.

Les grands émetteurs de gaz a effet de serre "bloquent les responsables politiques dans un schéma archaïque qui veut que plus de croissance impose plus d'énergie afin de produire plus", déplore-t-il.

Pour les écologistes, le passage à un système de "pollueurs-payeurs" est justifié par le fait que le mécanisme gratuit actuel se traduit par une poursuite de la hausse des émissions de CO2 de l'industrie européenne qui, à leurs yeux, ne jouent donc pas le jeu. Elles ont augmenté l'an dernier de 1% environ.

Les émissions de CO2 --plus de 2 milliards de tonnes-- représentent la moitié des émissions de gaz à effet de serre de l'UE. L'autre moitié provient des transports, de l'agriculture, des déchets


Italie: l'affaire de la mozzarella, face visible du drame écologique en Campanie

Largement médiatisée, l'affaire de la mozzarella à la dioxine n'est que la face visible d'un désastre environnemental aux allures de bombe à retardement qui ronge la région de Naples, empoisonnant ses terres mais aussi la santé de ses habitants, s'alarment les médecins locaux.

"Si tous les déchets passés clandestinement entre les mains des clans mafieux étaient rassemblés, on obtiendrait une montagne haute de 14.000 mètres, soit la montagne la plus grande qui existe au monde", a récemment affirmé Roberto Saviano, journaliste-écrivain symbole de la lutte anti-mafia.

Le long des routes qui mènent aux villes d'Acerra, Afragola ou encore Nola au nord de Naples, de petits tas d'ordures mordent parfois sur le bitume mais on est bien loin de la submersion vécue par ces communes au plus fort de la crise des déchets il y a quelques mois.

Dans cette zone, les registres officiels des décès de la sécurité sociale font état d'un taux de mortalité en hausse pour certains cancers et malformations, à tel point qu'elle a été rebaptisée "le Triangle de la mort" en 2004 par la revue scientifique The Lancet qui avait publié ces données.

"Il est très clair que nous avons plus de mortalité pour les populations vivant à proximité des décharges et des sites d'enfouissement clandestins", résume le professeur Giuseppe Comella, chef du département de cancérologie à l'Institut national du cancer de Naples.

"Les cancers en recrudescence sont ceux exclusivement liés à des facteurs environnementaux. Il y a par exemple jusqu'à trois fois plus de cancers du foie, organe qui a un surplus de travail en cas de pollution environnementale", explique Antonio Marfella, cancérologue-toxicologue.

Les malformations congénitales sont elles dues "aux métaux lourds qui viennent s'accumuler dans le système nerveux, sans oublier que ces bébés boivent ensuite au sein de leur mère un lait à la dioxine", un polluant qui se fixe dans les graisses dont celles du lait, souligne le professeur Comella.

Plusieurs parcelles de la commune d'Acerra contiennent des taux de plomb, de dioxine ou encore de dérivés d'hydrocarbures largement supérieurs aux normes tolérées, selon les analyses publiées en mars par l'Agence régionale pour la protection de l'environnement en Campanie, à l'occasion d'une étude de terrain pour l'installation d'un incinérateur.

"Les moutons, sentinelles écologiques par excellence, ont commencé à mourir en 1986. Depuis, on les abat en silence sans se poser de questions. On enferme les bufflonnes (dont le lait sert à fabriquer la mozzarella) pour qu'elles ne mangent que des aliments hyper contrôlés. Mais rien n'est fait pour les cultures", s'alarme Antonio Marfella.

"La mozzarella n'est que la partie émergeante de l'iceberg, cette tragédie touche tout et tout le monde. La mozzarella est le dernier des problèmes, moi je pense plutôt aux nappes phréatiques, à l'herbe, etc.", résume-t-il.

"Malgré de multiples sollicitations des autorités sanitaires et judiciaires, il n'y a aucune considération pour notre cas", dénonce Gennaro Esposito, neurologue-psychiatre à Saviano, dans le "Triangle de la mort".

Avant d'ajouter: "nous ne sommes pas des mozzarellas, nous ne sommes pas du lait de bufflonnes, donc nous ne comptons pas pour l'industrie et c'est pour cela que notre cas est ignoré".

Près d'Acerra, sur le bord de la route, un fauteuil se dresse sur un tas d'ordures: un code établi par les gestionnaires mafieux de cette décharge improvisée pour signifier que l'on peut encore "déverser" des déchets. Un fauteuil couché aurait au contraire signifié que le "site" est plein.


L'Allemagne renonce contrainte et forcée au développement des biocarburants

L'Allemagne a dû renoncer à un des piliers de sa politique environnementale, le développement massif des biocarburants, un revers cuisant pour un pays qui se veut pionnier en la matière.

"Tous ensemble, nous avons sous-estimé les problèmes", a reconnu le ministre de l'Environnement, Sigmar Gabriel. Un aveu qui condamne l'E10, le nouveau carburant que Berlin voulait imposer dès l'an prochain et qui contenait 10% d'éthanol mélangés à l'essence classique.

Beaucoup trop de voitures en circulation en Allemagne sont incapables de le supporter pour des raisons techniques --plus de trois millions selon les derniers chiffres publiés, soit très loin de la barrière d'un million que s'était fixée le ministre.

Les automobilistes qui n'auraient pas pu mettre de l'E10 dans leur réservoir auraient dû se rabattre sur du Super-Plus, plus coûteux.

"La politique de l'environnement n'assume pas la responsabilité si des millions d'automobilistes doivent payer plus cher" leur essence, a expliqué le social-démocrate.

Depuis plusieurs semaines, Sigmar Gabriel devait faire face à des critiques de plus en plus vives contre sa stratégie de réduction les émissions de gaz à effet de serre.

Le club des automobilistes ADAC refusait le surcoût entraîné par l'E10, relayé par des hommes politiques de tous bords, et les écologistes eux-mêmes dénonçaient les méthodes de culture du colza ou du soja pour fabriquer les agrocarburants, qui concurrencent les plantations alimentaires.

"Les biocarburants représentent un danger pour la biodiversité, ils imposent une pression massive sur la forêt tropicale et détruisent les capteurs naturels de gaz à effet de serre contenus dans les sols non cultivés", a ainsi expliqué à l'AFP Christian Hey, secrétaire général du Bureau fédéral pour l'Environnement (UBA).

Vendredi pourtant, le ministre de l'Environnement a défendu pied à pied sa stratégie ambitieuse: l'Allemagne veut aller plus vite et plus loin que l'Union européenne pour réduire les émissions de CO2, avec une baisse de 40% entre 1990 et 2020, contre 20% pour l'UE, et va continuer à miser sur les biocarburants... mais de deuxième génération.

"Aujourd'hui est un mauvais jour pour la protection du climat", a d'ailleurs aussitôt dénoncé l'association Greenpeace, radicalement opposée aux agrocarburants.

En attendant la deuxième génération qui ne devrait pas arriver avant plusieurs années selon les experts, ce sont d'autres secteurs de l'industrie qui devront supporter les errements de l'automobile. L'objectif de 40% de réduction des émissions reste tenable si la part des énergies renouvelables dans la production d'électricité passe à 30% d'ici 2020, et non plus à 27,5%, a annoncé M. Gabriel.

Une façon de refiler le bébé qui n'est pas du goût de l'industrie énergétique. Une part des renouvelables de 30% "est très ambitieuse, mais faisable", toutefois "seulement à certaines conditions", a commenté un porte-parole de la fédération BDEW. Parmi elles, la construction de lignes à haute tension pour acheminer l'électricité produite par les éoliennes sur la côte.

Autre problème, les biocarburants devaient aider l'industrie automobile allemande, spécialiste des grosses berlines gourmandes en carburant et plus polluantes que les petites voitures, à satisfaire à l'objectif fixé par la Commission européenne de 120 grammes de CO2 émis par kilomètre.

Les constructeurs devront désormais trouver "d'autres mesures techniques" pour y parvenir, selon le ministre.

"Nous savons que nous devons encore faire beaucoup de chemin avec nos plus grosse voitures", a d'ailleurs admis Matthias Wissmann, président de la fédération des constructeurs allemands, dans un plaidoyer en faveur des biocarburants de deuxième génération.


Climat: objectif de réduction des émissions polluantes de l'aviation

Plus de 160 pays se sont mis d'accord vendredi à Bangkok pour examiner les moyens de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) provoquées par les voyages aériens et maritimes, dans le cadre de la lutte mondiale contre le réchauffement climatique.

Les Etats signataires du Protocole de Kyoto, réunis sous l'égide des Nations unies en Thaïlande, ont approuvé par consensus une déclaration promettant d'explorer les moyens de limiter ou de réduire les émissions de GES relâchées dans l'atmosphère par les avions et les bateaux.

L'industrie du transport mondial représente environ 3% des émissions de GES, mais les voyages aériens et maritimes avaient été exclus des réductions d'émissions promises par les pays industrialisés dans le cadre du Protocole de Kyoto.

La déclaration de Bangkok indique que les parties signataires du Protocole de Kyoto examineront "comment les méthodes pour limiter ou réduire les émissions" polluantes provoquées par le transport aérien et maritime peuvent être utilisées "comme un moyen d'atteindre leurs objectifs de réduction d'émissions".

Des délégués et des militants actifs dans la défense de l'environnement ont affirmé que certains pays avaient cherché à diluer cette déclaration en suggérant que l'industrie du transport devait se réguler elle-même.

Des délégués de plus de 160 pays participent depuis lundi à Bangkok, sous l'égide des Nations unies, à un nouveau cycle de négociations en vue d'élaborer, avant la fin 2009, un accord mondial visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre - à l'échéance du protocole de Kyoto en 2012 - et à enrayer le réchauffement climatique.


Les biocarburants sont de plus en plus contestés

La place des biocarburants dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre est de plus en plus contestée au sein de l'Union européenne, qui se pose des questions sur le bilan environnemental de ces produits.

Les ministres de l'Environnement des Vingt-Sept se sont retrouvés lundi à Bruxelles pour afficher leur intention de parvenir avant la fin de l'année à un accord sur une réduction de 20% des émissions polluantes d'ici à 2020.

Les Vingt-Sept veulent aller vite en besogne afin d'être en position de force pour aborder en 2009 la négociation internationale qui s'ouvrira sur l'après-protocole de Kyoto et la Commission européenne a proposé une batterie de mesures.

Il s'agit de concrétiser l'objectif d'une réduction de 20% des gaz à effet de serre par rapport à 1990, voire 30% en cas d'accord international, en imposant de nouvelles contraintes aux industries, en produisant au moins 20% d'énergies renouvelables en 2020 et en utilisant 10% de biocarburants dans le total.

Ce dernier objectif fait de plus en plus débat depuis que les dirigeants européens l'ont fixé en mars 2007.

"L'ambiance a changé", souligne un diplomate européen de haut rang. "On se rend maintenant compte des conséquences potentiellement dévastatrices des biocarburants."

"UN ENJEU MAJEUR" SELON LA FRANCE

Le risque est de voir les agriculteurs consacrer une partie importante de leurs terres à la production de ces produits au détriment des denrées alimentaires - voire, comme au Brésil, de détruire la forêt amazonienne -, un phénomène qui explique déjà partiellement la hausse des cours des matières premières.

"La hausse des cours des denrées alimentaires est un enjeu absolument majeur", a déclaré le ministre français de l'Ecologie et du Développement durable, Jean-Louis Borloo.

Il a réclamé des critères de "durabilité" en ce qui concerne l'eau, les terrains et les prix qui, s'ils ne sont pas respectés, doivent donner lieu "à des mesures correctrices très importantes et de toute nature, si c'est nécessaire".

La Commission européenne a bien prévu des critères en ce sens: ne seraient déclarés "bio" que les carburants d'origine naturelle qui permettent d'économiser au moins 35% de CO2 par rapport aux carburants fossiles et s'ils proviennent de matières premières autres que les forêts naturelles.

"Ces critères de durabilité ne sont pas suffisamment forts", a déploré la ministre danoise de l'Environnement, Connie Hedegaard, qui juge la piste biocarburants "trop étroite".

Le Royaume-Uni est lui aussi inquiet devant un développement potentiellement anarchique de ces produits.

"Nous nous inquiétons de l'incidence environnementale", a expliqué Hilary Benn en évoquant le manque de terres et la déforestation. "Est-ce qu'ils apporteront vraiment une contribution à la lutte contre le réchauffement climatique?"

Pour le ministre polonais de l'Environnement, Maciej Nowicki, il faudrait pouvoir empêcher les importations de biocarburants en provenance de pays qui ne respectent pas les mêmes contraintes et son homologue autrichien, Josef Pröll, a estimé que les critères de durabilité devaient être fixés au niveau mondial pour que les règles du jeu soient équitables.

LE RISQUE DE DÉLOCALISATION

Toutes ces questions, ont estimé les ministres, devront trouver des réponses dans le rapport du groupe à haut niveau qui doit rendre ses conclusions sur ce dossier au printemps.

D'autres propositions suscitent également un débat.

Ainsi, la Commission a d'abord proposé un mécanisme européen, et non plus national, d'échange de permis de polluer qui se basera sur les secteurs industriels afin d'éviter les distorsions et, à terme, toutes les industries devront acheter aux enchères 100% de leur CO2 afin de les responsabiliser.

Mais certains secteurs gloutons en énergie, comme l'acier ou les raffineries, disposeront d'un mécanisme différent mais non encore précisé et la Commission a reporté à 2011 la possibilité, demandée notamment par la France, de taxer les importations en provenance de pays qui ne respectent pas les mêmes normes.

Des pays peu soucieux de l'environnement qui refuseraient après 2013 de faire des efforts pourraient en effet bénéficier de ce phénomène de "fuite carbone" en se montrant laxistes.

"Il faut un signal beaucoup plus clair et ferme aux pays qui refusent de s'engager", a souligné Jean-Louis Borloo.

Certains pays peu gâtés par la nature se demandent par ailleurs comment ils vont arriver à l'objectif européen d'utiliser au moins 20% d'énergies renouvelables provenant de sources comme l'éolien, le solaire ou la biomasse, contre 8,5% aujourd'hui. Cet objectif est décliné selon les pays.

Pour contourner l'obstacle, ces pays pourront acheter des certificats d'énergie renouvelable produite ailleurs, mais ce système suscite des divergences entre les Vingt-Sept.

Si le petit Luxembourg, qui n'a aucune chance d'arriver à produire sur son territoire 20% d'énergies renouvelables, en fait une "condition sine qua non" de son accord et refuse toute limitation sur ces transferts, l'Allemagne veut pouvoir garder chez elle son énergie renouvelable subventionnée.


Avec les biocarburants, "il n'y aura plus rien à manger", avertit Nestlé

Le recours accru aux matières premières alimentaires pour la production de biocarburants met en péril l'approvisionnement alimentaire de la population mondiale, a averti dimanche le patron de Nestlé, Peter Brabeck.

"Si l'on veut couvrir 20% du besoin croissant en produits pétroliers avec des biocarburants, comme cela est prévu, il n'y aura plus rien à manger", a déclaré le PDG du premier groupe alimentaire mondial, Peter Brabeck, dans une interview au journal dominical NZZ am Sonntag.

"Accorder d'énormes subventions pour les produire est inacceptable moralement et irresponsable", a ajouté le dirigeant du groupe suisse, estimant que les millions de tonnes de maïs consacrées aux biocarburants sont autant en moins pour le secteur alimentaire.

Alors que ce phénomène tire vers le haut les prix du maïs, du soja et du blé, les terres cultivables deviennent rares et l'eau est elle aussi menacée, a déclaré M. Brabeck, estimant que pour produire un litre de bioéthanol il faut 4.000 litres d'eau.


Faire reculer le désert et la pauvreté

 

Depuis 2003, une action menée au Sahel montre qu'il est possible d'inverser la désertification et de permettre aux populations locales de redevenir autonomes. En effet, si en 30 ans le Sahel a progressé d'une surface supérieure à la France, aujourd'hui, grâce à l'inventivité d'un homme, J. Gasc, et à la mobilisation des clubs Rotary, il commence à reverdir.
Le constat d'origine est simple : pour stopper la désertification, il faut planter des arbres, or le sol n'est fertile qu'à partir de 1,50 m de profondeur et l'arrosage traditionnel est inefficace. Face à cette difficulté, J. Gasc a mis au point le système IRRIGASC, lequel permet d'irriguer l'arbre efficacement et de faire se développer ses racines en profondeur.

                    

 

 (Suite)

Historique de la Journée mondiale de l'eau

 L'Assemblée générale des Nations Unies a adopté le 22 décembre 1992 la résolution A/RES/47/193 qui déclara le 22 mars de chaque année "Journée mondiale de l'eau", à compter de l'année 1993, conformément aux recommandations de la Conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement (CNUED), exprimées dans le Chapitre 18 (Ressources en eau douce) d'Action 21. Cette résolution invitait les États à consacrer ce jour selon le contexte national, en concrétisant des actions telles que la sensibilisation du public par des publications, des diffusions de documentaires, l'organisation de conférences, de tables rondes, de séminaires et d'expositions liés à la conservation et au développement des ressources en eau et à la mise en œuvre des recommandations d'Action 21.