Quand l'oasis reverdit
Il faut du temps, beaucoup de temps, pour rejoindre l'oasis d'Asrir, aux portes du Sahara, à 800 km au sud de la capitale du Maroc, Rabat. Il faut rouler, prendre l'avion, et rouler encore, sur des routes de plus en plus défoncées. Mais au bout du voyage nous attend, dit-on, le paradis. "L'oasis, c'est le début du paradis quand on arrive du désert, au sud, et la fin du paradis quand on vient des zones arrosées, au nord", dit en riant Mbarak Nafaoui, le maire d'Asrir. Au-delà, il n'y a plus d'eau, plus d'arbres, rien que du vent et de la pierre.
Un bijou de verdure émerge de la pâleur du désert. La vision est en effet idyllique. Mais la réalité l'est beaucoup moins. La palmeraie est envahie par le sable. Les palmiers abandonnés étouffent sous les branches mortes. Des maisons en pisé, vidées de leurs habitants, se désagrègent. Asrir est en sursis. "Le problème, c'est l'eau, explique un agriculteur, Lahcen Taharo, en menant à ses parcelles. J'ai 40 ans, et j'ai vu le niveau de l'eau baisser de moitié. Si ça continue comme ça, l'oasis va mourir. Et nous avec."
Lahcen Taharo ne peut plus irriguer que la moitié de ses terres. Les rescapées sont de magnifiques jardins, des modèles d'agriculture oasienne "en trois strates", comme disent les agronomes. En haut, la voûte sombre des palmiers dattiers conserve l'humidité. Au-dessous poussent des grenadiers et des figuiers et, au sol, des céréales et de la luzerne. L'ensemble est arrosé par une eau tirée du sous-sol, acheminée par des canaux.
(Suite)-
28 Juin 2009 à 11:32 dans
- Arbres et forêt

