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Quelqu'un qui aime les arbres et les trésors...

Fin de la conférence sur la biodiversité: des participants font état de progrès

La conférence de l'ONU sur la biodiversité s'est achevée le 30 mai 2008 à Bonn sur une note positive, des participants estimant que des progrès ont été accomplis en vue de protéger la diversité biologique de la Terre de la croissance démographique, de la pollution et du réchauffement climatique.

Les quelque 5.000 délégués de 191 pays qui ont assisté à la conférence de deux semaines dans l'ancienne capitale allemande ont abordé des questions comme la "bio-piraterie", les manipulations génétiques et les agrocarburants. Les délégués ont également réaffirmé un engagement à ralentir de manière drastique les disparitions d'espèces d'ici 2010.

Le ministre allemand de l'Environnement Sigmar Gabriel a déclaré vendredi qu'il ne pensait pas que des "progrès réels" seraient réalisés "sur autant de points".

Les délégués ont convenu de lutter contre la bio-piraterie -la manipulation illégale de matériel génétique- avec une série de réglementations qui doivent être rédigées dans les deux prochaines années. La conférence a également estimé que les manipulations génétiques pour produire de nouvelles variétés d'arbre ne devraient être autorisées qu'après une évaluation des risques pour chaque programme de recherche.

Le Fonds mondial pour la nature (WWF) salue des "progrès" sur certains points, a souligné Gordon Shepherd, un responsable de l'ONG. Mais l'organisation de défense de l'environnement déplore aussi le fait que les participants ont échoué à adopter des objectifs et calendriers clairs sur des questions comme la perte de la biodiversité dans les forêts tropicales.

Plusieurs gouvernements ont promis des fonds pour protéger les forêts. La Norvège compte dépenser 600 millions d'euros par an pour leur préservation au cours des trois prochaines années. La chancelière allemande Angela Merkel avait annoncé mercredi que son pays dépenserait 500 millions d'euros au cours des quatre prochaines années pour la même cause, et 500 millions d'euros supplémentaires par an par la suite.

Un thème de discussion majeur de la conférence a porté sur les vertus écologiques très contestées des agrocarburants, également appelés biocarburants, et la pression que leur production à grande échelle pourrait exercer sur les récoltes et les forêts.

Les délégués se sont mis d'accord pour adopter une position plus tranchée sur les biocarburants lors de la prochaine conférence sur la biodiversité prévue pour 2010 à Nagoya, au Japon.

Les accords conclus cette semaine ont été officiellement baptisés le "Mandat de Bonn" et seront ajoutés à la Convention sur la diversité biologique de l'ONU.


Splendeur

 

Orchidée anatolienne


UE: la présidence française veut militer en faveur des forêts tropicales

La France, qui s'apprête à prendre la présidence de l'Union Européenne, entend placer parmi ses priorités la préservation des forêts tropicales, gardiennes du climat et de la biodiversité dans le monde.

Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo a porté ce message auprès de ses interlocuteurs lors d'une tournée de trois jours qui l'a conduit en République démocratique du Congo (RDC) et au Congo Brazzaville.

Les forêts du bassin du Congo sont considérées comme le deuxième "poumon vert" du monde après celle de l'Amazonie.

La France et la RDC se sont engagés à oeuvrer ensemble pour la préservation de la forêt congolaise, dans une déclaration commune que Jean-Louis Borloo a signé avec son homologue congolais José Endundo lors de la visite samedi d'une exploitation forestière de la société libano-congolaise ITB, à Bikoro (500 km au nord de Kinshasa).

La déforestation dans le monde est responsable de 20 à 25% des émissions de dioxyde de carbone (CO2), soit davantage que toutes les industries de transport.

"L'Europe s'honorerait de mener le combat" contre la déforestation, a indiqué le ministre aux journalistes qui l'accompagnaient au Congo. Il a évoqué la nécessité de renforcer la "traçabilité" du bois vendu sur les marchés internationaux et d'imposer des codes de bonne conduite environnementale et sociale aux exploitants forestiers. "On va aller par étapes vers une interdiction totale du bois non certifié en Europe", a-t-il averti.

Le label FSC (Forest Stewardship Council) est considéré comme la référence en matière d'exploitation durable des forêts. Au Congo, seule la Congolaise industrielle des bois (CIB), qui exploite 1,2 millions d'hectares de forêts dans le nord du pays, a décroché ce label.

Le ministre plaide également en faveur de la mise en place de mécanismes internationaux pour fournir une compensation aux pays qui protégeraient leurs forêts au détriment de leurs impératifs économiques.

La "déforestation évitée" a été au centre des discussions de la conférence des Nations-Unies sur le climat de Bali en décembre dernier.

A Bonn, où se tient jusqu'au 30 mai la conférence de l'Onu sur la biodiversité, Greenpeace a proposé la création d'un fonds mondial qui serait abondé par les pays riches afin de protéger les forêts tropicales, patrimoine mondial de l'humanité.

Reprenant l'idée, José Endundo, ministre de l'environnement de RDC, estime que la forêt congolaise vaut "au moins 3 milliards de dollars par an" alors que le secteur ne rapporte que 49 millions de dollars par an actuellement.

Mais il n'est pas question de mettre sous cloche les forêts du Congo: "ce serait utopique de croire qu'on va mettre une croix sur l'exploitation forestière" qui représente actuellement quelque 15 à 20.000 emplois en RDC, fait remarquer José Ilonga Lofonga, conseiller forêts du ministère congolais de l'environnement.

90% de la dégradation de la forêt congolaise est due à l'utilisation de bois de chauffe, pour les besoins de la population, 9% à l'agriculture et 1% seulement à l'exploitation forestière commerciale, rappellent les experts.

Et de citer en exemple le site d'agroforesterie de Mampu, situé à 150 km au nord de Kinshasa: cette plantation sur 8.000 hectares d'acacias alternée avec des champs de maïs et de manioc permet de produire chaque année suffisamment de charbon de bois, par le brûlage de l'acacia, pour couvrir 10% des besoins annuels en bois de chauffe des 8 millions d'habitants de Kinshasa.


La "crise du riz", grave mais peut-être une chance pour l'Afrique à moyen terme

A la veille de la Conférence internationale de Tokyo pour le développement en Afrique (TICAD), alors que le Japon ne sait que faire de son riz, des experts réunis au Bénin viennent de mettre en garde contre la dépendance de l'Afrique, une crise qui pourrait pourtant s'avérer bénéfique à moyen terme.

Même si les nouvelles variétés de riz adaptées aux sols africains ont permis en 2007 une augmentation de la production continentale de 6%, "on est loin de satisfaire la demande", estime le Centre Africain pour le riz (ADRAO, WARDA en anglais), basé à Cotonou, dans un document que s'est procuré l'AFP.

Ces gains de production, grâce notamment au Nerica (New Rice for Africa), une variété obtenue par l'ADRAO grâce à un croisement entre le riz africain et le riz asiatique, ont été effacés rapidement par une augmentation rapide de la consommation de riz de l'Afrique "qui importe 40%" de ses besoins, souligne le rapport.

Prenant le cas plus spécifique de l'Afrique de l'ouest, la grande région rizicole du continent, l'ADRAO indique qu'entre 2001 et 2005 la production a augmenté de 5,1% par an, tandis que dans le même temps la consommation s'est accrue de 6,5% chaque année.

Lors de la réunion TICAD IV à Yokohama, les participants vont notamment évaluer les résultats du Nerica, un projet vieux de plusieurs années financé par la Banque Africaine de Développement, le gouvernement japonais et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

"Dépendre autant du riz importé constitue la recette du désastre pour ce continent", déclare le patron de l'ADRAO Papa Abdoulaye Seck. "Si les gouvernements ne prennent pas immédiatement des mesures fortes, alors le démarrage économique que l'on connait actuellement dans de nombreuses parties de l'Afrique va s'évaporer. Nous avons besoin de solutions à court et long terme pour dynamiser la production locale de riz", dit-il encore.

Lancée en 2005 et prévue sur 5 ans, l'"Initiative Riz" de l'ADRAO dispose d'un budget de 35 millions de dollars.

L'ADRAO s'attendait "depuis au moins deux ans" à une crise du riz en Afrique en 2008 car, si l'Afrique représente "10 à 13 % de la population mondiale, elle absorbe 32% des importations mondiales et connaît un taux de croissance de sa consommation d'environ 4,5% par an", déclarait M. Seck en avril.

Pour faire face, l'ADRAO préconise notamment d'"augmenter significativement la part de la riziculture irriguée à haut rendement dans la production": moins de 10% actuellement contre plus de 50% en Asie.

Le centre suggère aussi de "promouvoir l'utilisation des variétés telles les dizaines de types de Nerica adaptés aux différents sols et qui ont "une valeur en protéine plus élevée de 25% par rapport au riz importé".

L'ADRAO préconise également un meilleur accès aux semences, la modernisation des techniques de culture, de diminuer les pertes à la récolte et post-récolte (entre 15 et 50% de la valeur marchande de la production).

Bref, l'ADRAO estime que paradoxalement la crise du riz pourrait à terme être une chance pour l'Afrique, lui donner un coup de fouet. "Nous avons en Afrique, au Sud du Sahara, 130 millions d'hectares de bas fonds dont 3,9 millions seulement sont en culture. Par contre en Asie, le pari n'est pas d'augmenter les superficies rizicoles mais plutôt de les maintenir", explique le centre.

"Pour éviter d'être otage des cours mondiaux, il n'y a pas de secret, on construit une agriculture compétitive et durable grâce à une combinaison intelligente de trois facteurs: technologies performantes, infrastructure de base et environnement assaini. Oui c'est possible d'inverser les tendances mais à moyen terme", conclut M. Seck.


Climat : l'ONU s'inquiète des atermoiements des pays industrialisés

Le patron de la lutte contre le changement climatique à l'ONU, Yvo de Boer, a dénoncé vendredi les atermoiements des pays industrialisés, en particulier l'attitude de l'Europe qu'il soupçonne de rétropédalage à l'approche du sommet du G8 en juillet au Japon.

"Nous avons vraiment besoin d'un coup d'accélérateur de la part des pays du G8, mais pour le moment je ne vois pas cet élan", a-t-il déclaré à l'AFP à la veille de la réunion des ministres de l'Environnement du G8 (les huit pays les industrialisés) qui s'ouvre samedi pour trois jours à Kobe, au Japon.

Réunion cruciale, insiste-t-il, puisque ce sera la dernière sur le sujet avant le sommet du G8 à Toyako début juillet. Les ministres présents devront avancer vers une déclaration commune des leaders du G8 - Japon, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Canada et Etats-Unis - donnant au reste du monde, notamment aux "Big Five", les cinq émergents désormais invités (Chine, Inde, Brésil, Afrique du Sud, Mexique), une "indication claire de ce qu'ils comptent faire".

Or le secrétaire exécutif de la Convention de l'Onu sur les changements climatiques, dans un rare mouvement d'humeur, s'agace ouvertement des pas d'esquive qu'il croit déceler chez les uns et les autres et de voir les discussions se concentrer sur des objectifs encore flous (réduction de - 25 à - 40% des émissions polluantes) à long terme (2050), alors qu'il est plus que temps selon lui de fixer une première date-butoir en 2020.

"Quand vous êtes un homme d'affaires avec des investissements à prévoir, vous avez plus besoin de savoir ce que les gouvernements envisagent en 2020 qu'à la mi-21è siècle".

Mais il y a pire encore, semble-t-il : une forme de désengagement de l'Europe qui avait pourtant pris la tête ces dernières années du combat climatique.

"Tout le monde a applaudi quand l'UE a annoncé l'an dernier qu'elle réduirait ses émissions de 20 voire 30% (d'ici 2020). Mais je vois bien qu'aujourd'hui elle est soumise à la pression de ses industriels".

Plusieurs fédérations (dont le ciment, la chimie, l'acier notamment) se sont émues des charges qu'allaient faire peser sur leurs activités les mesures de lutte contre l'effet de serre, craignant d'être livrées poings liés à la concurrence internationale.

"La grande question pour moi aujourd'hui est: qu'est ce que l'Europe est vraiment prête à faire pour intégrer les économies en développement à une réponse ciblée au changement climatique", poursuit Yvo de Boer.

Et l'idée évoquée par le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy - qui prendra le 1er juillet la présidence de l'UE - d'une taxe carbone aux frontières de l'UE pour pénaliser les importations en provenance de pays non soumis aux contraintes du Protocole de Kyoto manque d'à propos, juge-t-il.

En décembre, la communauté internationale a adopté la Feuille de route de Bali, qui fixe le cadre et le calendrier des négociations sur le futur régime international contre le réchauffement et y intègre à partir de 2012 les pays en développement et les Etats-Unis (seul pays industrialisé à ne pas avoir ratifié Kyoto).

"Annoncer au début d'une relation ce qu'on fera si ça ne marche pas ne me paraît pas la meilleure façon de bâtir la confiance", fait valoir M. de Boer, singulièrement irrité.


Le DDT, interdit depuis longtemps, présent chez des manchots

Le DDT, un pesticide interdit il y a plusieurs décennies dans la majeure partie de monde, est encore présent chez des manchots en Antarctique, probablement en raison de l'accumulation de cette substance chimique dans les glaciers, a déclaré une experte des oiseaux marins.

Les manchots Adélie contiennent depuis longtemps dans leurs tissus graisseux du DDT, qui ne s'y trouve toutefois pas dans des concentrations suffisantes pour nuire à leur santé, selon Heidi Geisz, de l'Institut de science marine de Virginie.

Mais des chercheurs ont été étonnés de voir que le niveau de DDT dans la graisse des pingouins n'avait pas baissé après qu'il eut été interdit d'utilisation à l'extérieur, dans les années 1970, aux Etats-Unis et dans d'autres pays.

D'abord repérée en 1964, alors que le DDT était encore très répandu, la présence de ce produit chimique chez les manchots Adélie a augmenté dans les années 1970 puis s'est stabilisée, a expliqué Geisz dans une interview téléphonique.

Dans une étude publiée par la revue spécialisée Environmental Science & Technology (Sciences et technologies de l'environnement), Geisz et ses collègues soulignent que les polluants organiques persistants tels que le DDT s'accumulent et se concentrent dans l'écosystème de l'Antarctique.

"Le DDT, ainsi que beaucoup d'autres polluants organiques, voyagent en fait dans l'atmosphère (...) en direction des régions polaires par un processus d'évaporation, puis de condensation dans des climats plus frais", a déclaré Geisz, expliquant comment le pesticide parvient dans les glaciers d'Antarctique.

CHANGEMENT CLIMATIQUE

Le DDT a vu ses niveaux fortement baisser dans la faune de l'Arctique au cours des dix dernières années alors que la quantité de cette substance présente dans les manchots Adélie d'Antarctique est restée stable, note l'étude.

Le DDT est facile à détecter dans l'eau de fonte des glaciers, selon Geisz.

Les manchots Adélie se nourrissent de krill, un micro-organisme vivant dans l'eau de fonte des glaciers, et le DDT est ainsi acheminé, par le biais de la chaîne alimentaire, dans l'organisme des pingouins.

La quantité de DDT n'est pas suffisante pour nuire aux oiseaux, mais elle peut être mesurée dans les échantillons prélevés sur des cadavres de pingouins et sur leurs oeufs abandonnés, a expliqué Geisz.

Certains types d'oiseaux qui ingèrent le DDT, et notamment les oiseaux de proie, produisent des oeufs dont la coque est très mince et qui sont donc facilement écrasés par des oiseaux adultes. Geisz a dit que rien ne montrait que c'était le cas avec les oiseaux marins.

Le changement climatique est, dit-elle, un problème plus grave pour les manchots Adélie, qui se reproduisent dans la péninsule antarctique. Cette dernière, qui s'étend au nord vers l'Amérique latine, se réchauffe beaucoup plus vite que le reste du continent.

Le réchauffement dans la péninsule signifie "qu'il y a plus de neige et plus d'eau et que ces oeufs (ceux des manchots Adélie) sont mouillés puis gèlent", explique Geisz.

"Cela permet à des gens comme moi d'étudier les oeufs, mais ce n'est pas forcément idéal pour les pingouins."


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