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24 Décembre 2007 à 18:44 dans
- Général
Alors qu’un accord sur les réductions de gaz à effet de serre n’a toujours pas été trouvé, la conférence de Bali sur le réchauffement climatique tourne au règlement de comptes et aux accusations croisées.
Les dernières déclarations d’Al Gore ont jeté de l’huile sur le feu tandis que les relations entre participants s’avèrent déjà très tendues. Le prix Nobel de la paix, désigné pour son engagement en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, a suggéré de conclure un accord sans les Etats-Unis. «Je vais (...) vous dire une vérité qui dérange: mon propre pays, les Etats-Unis, est le principal responsable de l’obstruction à tout progrès ici à Bali», a-t-il assuré sous une salve d’applaudissements.
Il a d’ailleurs préconisé de «laisser un vaste espace blanc avec une note en bas de page» dans le document final, sous-entendant ainsi que les Etats-Unis pourraient y ajouter leur nom plus tard.
La Maison-Blanche a aussitôt réagi en assurant qu’Al Gore avait tort et que l’attitude des Européens - dont l’Allemagne et la France - qui ont menacé de boycotter une prochaine réunion sur le climat à Hawaï n’était pas «constructive».
A la veille de la clôture de la conférence, un bras de fer s’est engagé sur la mention d’objectifs de réduction des gaz à effet de serre dans la déclaration finale. D’un côté, les Européens soutenus par Al Gore, souhaitent voir figurer dans cette déclaration une réduction de 25 à 40% entre 2012 et 2020. De l’autre, les Etats-Unis, le Japon et plusieurs gouvernements s’opposent à ce que le document final contienne une telle proposition, préférant des objectifs spécifiques qui limiteraient la portée de discussions futures.
Le patron de la Convention climat de l’ONU, Yvo de Boer n’a pas caché son pessimisme. «Je suis très inquiet», a-t-il déclaré. Et de poursuivre : «Si nous ne parvenons pas à finir le travail à temps, alors tout le château de cartes va s’effondrer».

Selon ces chercheurs de l'université d'Helsinki, l'étendue des forêts s'est accrue de 10% entre 1990 et 2005 dans les pays de l'ouest de l'UE et de 15% dans ceux de l'Est.
Ces résultats ont été publiés dans la revue britannique Energy Policy.
(Suite)Le vocabulaire des négociateurs du climat s'est enrichi d'une expression : « déforestation évitée ». Et cette idée, à priori simple - il vaut mieux récompenser ceux qui ne détruisent pas leurs forêts car elles captent du CO2 plutôt que replanter des arbres à posteriori - devrait être un sujet majeur de la conférence de Bali.
Selon les scientifiques, le fait d'incendier des zones boisées afin de disposer de terres agricoles pour produire de l'huile de palme, de couper les essences précieuses pour alimenter le marché du bois, affaiblit la capacité de stockage de la terre et conduit au relargage dans l'atmosphère d'une partie du CO2 stocké dans les arbres. Ce phénomène est responsable de 20 % à 25 % de la production mondiale de gaz carbonique, soit 5,9 giga tonnes par an, équivalent aux trois quart des émissions de l'Europe des Vingt-Sept. Un rapport récent intitulé « changement climatique et usage des terres » publié par le ministère de l'Ecologie français montre qu'une forêt primaire stocke entre deux et trois fois plus de CO2 qu'une forêt reconstituée. Les pays qui déboisent le plus sont le Brésil (2,6 millions d'hectares par an sur la période 1990-2000, 3,1 millions entre 2000 et 2005) et l'Indonésie (1,87 million d'hectares entre 1990 et 2000), suivis par le Soudan, la Birmanie, la Zambie, la Tanzanie et le Congo, qui saccagent 500.000 hectares par an.
(Suite)